Dans un contexte où les marchés énergétiques sont soumis à des fluctuations, la stabilité des prix du mégawatt d’électricité est devenue un enjeu majeur pour les producteurs et les consommateurs. C’est dans ce contexte que les Contrats pour Différence (CPD) émergent. Ils offrent une garantie de prix fixe dans un environnement souvent volatil. En examinant de plus près le fonctionnement et l’impact des CPD, cet article explore leur rôle dans la promotion de la stabilité, de la prévisibilité et de la durabilité sur le marché de l’électricité.

A retenir :
- Le Contrat pour Différence (CFD) encadre les prix de l’électricité avec un plancher pour les producteurs et un plafond pour les consommateurs.
Il garantit des revenus stables aux producteurs tout en protégeant les entreprises et ménages contre les flambées de prix. - En France, il s’inscrit dans la transition post-ARENH et les discussions sur l’avenir du nucléaire.
- Ce mécanisme est un levier pour la transition énergétique, en soutenant les investissements dans le nucléaire et les énergies renouvelables.
Qu’est-ce qu’un Contrat pour Différence ?
Un Contrat pour Différence (CPD) est un modèle de subvention qui concerne l’achat d’énergie décarbonée, qu’elle soit nucléaire ou renouvelable. Ce modèle se distingue par sa stabilité tarifaire et sa garantie de prix. En effet, le Contrat pour Différence garantit des prix fixes, aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs pour une période de 15 ans. Il fonctionne sur la base d’une fourchette tarifaire (prix plancher et prix plafond) définie entre l’État et le producteur, ce qui lui confère un caractère dit « bidirectionnel »1.
Comment le CFD fonctionne ?
Lorsque les prix de l’électricité fluctuent sur le marché, un écart se forme entre le tarif fixe du CFD et le prix actuel. Cette différence conduit soit à une subvention de l’État en faveur des producteurs si le prix du marché est inférieur à celui du CFD, soit à une compensation payée par les producteurs à l’État en cas de surplus sur le marché. L’État peut redistribuer ces excédents aux consommateurs sous forme d’aides ou de bouclier tarifaire, comme cela a été pratiqué lors des récentes crises énergétiques.
En quoi le Contrat pour Différence est-il une garantie de prix ?
Les fluctuations des prix du marché de l’énergie exposent les producteurs à des risques financiers. Ces fluctuations peuvent compromettre leur rentabilité et leur capacité à investir dans de nouvelles infrastructures.
Dans ce contexte, la stabilité tarifaire offerte par les Contrats pour Différence est essentielle pour atténuer ces risques et assurer des revenus stables à long terme.
En effet, le Contrat pour Différence (CPD) se distingue comme une solution solide dans un marché énergétique en constante évolution. Ce contrat offre aux producteurs et aux consommateurs d’électricité une certitude tarifaire qui vient simplifier leurs processus décisionnels.
Une garantie pour les producteurs d’électricité
Pour les producteurs d’électricité, le CPD représente une certitude tarifaire qui vient simplifier leurs processus décisionnels. Grâce à cette garantie de prix fixe, les producteurs d’électricité peuvent bénéficier de revenus prévisibles sur des périodes contractuelles définies. In fine, les CPD encouragent l’innovation et le développement de nouvelles infrastructures énergétiques et l’investissement à long terme dans des projets énergétiques et renouvelables. C’est aussi un signal fort envoyé aux investisseurs, qui peuvent s’engager plus facilement dans des projets de grande ampleur (éolien, solaire, nucléaire) grâce à la visibilité financière offerte.
Une garantie pour les consommateurs d’électricité
Pour les consommateurs d’électricité, la garantie de prix qu’offre les Contrats pour Différence permet de planifier leurs budgets énergétiques avec confiance. En connaissant à l’avance les coûts de leur approvisionnement en électricité, les consommateurs peuvent mieux gérer leurs dépenses énergétiques et éviter les fluctuations de prix imprévues. De plus, lorsque les prix de marché sont élevés, les compensations versées par les producteurs à l’État peuvent être redistribuées, ce qui atténue l’impact des hausses tarifaires sur les entreprises et les ménages.

Les Contrats pour Différence sous le regard attentif de Bruxelles
Les pays qui souhaitent introduire des Contrats pour Différence pour les centrales existantes devront se conformer aux règles de l’UE en matière d’aides d’État. La Commission européenne veillera à ce que ces instruments soient conçus de manière appropriée pour éviter toute distorsion de concurrence.
Des préoccupations subsistent quant à la possibilité que les Contrats pour Différence pour les anciennes centrales nucléaires françaises créent des inégalités de concurrence sur le marché de l’électricité. Des questions demeurent en suspens, notamment la quantité d’électricité couverte par ces contrats, qui n’a pas été plafonnée dans l’accord final. En décembre 2023, un accord européen a néanmoins ouvert la voie à l’utilisation des Contrats pour Différence (ou mécanismes équivalents) pour les nouvelles installations renouvelables mais aussi pour la prolongation des centrales nucléaires.
ARENH et Contrat pour Différence, une évolution pour la régulation du nucléaire ?
La réforme du marché européen de l’électricité constitue l’un des fronts sur lesquels les gouvernements sont engagés. En France, cette réforme s’accompagne de négociations avec EDF pour remplacer le mécanisme actuel d’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH), qui arrive à échéance en 2025. Il s’agit de préserver les avantages liés à l’exploitation des centrales nucléaires françaises déjà amorties dans les prix de l’électricité.
D’après le ministère de l’Économie, la France ne prévoit pas d’utiliser les Contrats pour Différence pour fixer un prix minimum à la production nucléaire malgré les baisses récentes des prix de gros de l’électricité, qui pourraient impacter EDF.
Un accord entre EDF et l’État, annoncé en novembre dernier, prévoit de remplacer l’ARENH à partir de 2026. Ce nouvel accord fixe un prix de référence d’environ 70 €/MWh pour l’électricité nucléaire, contre 42 €/MWh dans le mécanisme ARENH, garantissant ainsi la sécurité d’approvisionnement dès 2026.
Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, recommande à EDF de constituer des réserves financières pour faire face aux fluctuations des prix de l’électricité. Bien que le gouvernement puisse envisager l’introduction d’un CPD, la priorité est donnée à un fonctionnement de marché, en accord avec EDF.

FAQ sur le Contrat pour Différence
Qu’est-ce qu’un Contrat pour Différence (CFD) en énergie ?
C’est un contrat entre un État et un producteur d’électricité qui fixe une fourchette de prix garantissant stabilité et prévisibilité.
Quels sont les avantages du CFD pour les producteurs ?
Il leur assure un revenu stable, essentiel pour financer des projets lourds comme le nucléaire ou les renouvelables.
Le CFD profite-t-il aussi aux consommateurs ?
Oui, car il limite les hausses de prix et peut redistribuer les excédents de marché via l’État.
Le CFD remplacera-t-il l’ARENH en France ?
Pas directement. L’ARENH disparaît en 2025, remplacé par un prix nucléaire de 70 €/MWh dès 2026, mais le CFD reste un outil envisagé pour l’avenir.
Le CFD est-il utilisé uniquement en France ?
Non, il s’inscrit dans la réforme européenne de l’électricité et sera appliqué à divers projets d’énergies renouvelables et nucléaires.