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Guerre au Moyen-Orient : quel impact sur les prix de l’énergie des entreprises en France ?

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Claude Claude
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En octobre 2026, la guerre au Moyen-Orient maintient les prix du pétrole, du gaz et de l’électricité à des niveaux élevés pour les entreprises françaises. Aucune pénurie de gaz n’est annoncée pour cet hiver. Le Brent a atteint 115,16 dollars le 28 octobre et le TTF 98,28 €/MWh, son plus haut niveau depuis 2022. Le risque est surtout budgétaire. Il touche les contrats indexés, les renouvellements à venir et le gazole.

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A retenir :

  • Au 29 octobre 2026, le Brent dépasse 115 dollars et le TTF atteint 98,28 €/MWh.
  • Pour le gaz, la Commission européenne ne signale pas de risque d’approvisionnement immédiat cet hiver, mais les stockages sont sous la normale.
  • Les mesures publiques réduisent le prix du gazole à partir du 1er novembre 2026, sans effacer la hausse.
  • Réduire ses volumes reste la seule couverture qui agit quel que soit le prix de marché.

Où en sont les prix de l’énergie pour les entreprises au 29 octobre 2026 ?

Tous les repères suivis sont nettement au-dessus de leurs niveaux d’avant-conflit, avec le gazole et l’électricité de gros parmi les plus touchés. Le tableau ci-dessous donne les derniers niveaux publiés.

IndicateurDernier niveau connuDateSource
Brent115,16 $ le baril (WTI : 101,71 $)28 oct. 2026AFP, Connaissance des Énergies
TTF (gaz européen)98,28 €/MWh28 oct. 2026AFP, Connaissance des Énergies
Électricité, prix de gros France120,20 €/MWh en moyenne, contre 49,23 un an plus tôtT3 2026SMARD (régulateur allemand)
Électricité, contrat 2027 (CAL27)de 50 €/MWh environ en janvier à plus de 109 mi-octobreMi-oct. 2026EEX
Gazole à la pompe (TTC)2,3458 €/l en moyenne, contre 1,5544 un an plus tôtSemaine du 16 oct. 2026Ministère de la Transition écologique
Tableau 1. Repères de prix énergétiques au 29 octobre 2026. Les cours de marché varient chaque jour.

Bon à savoir. Le prix spot de l’électricité peut varier de plus de 50 % d’un jour à l’autre : il est passé de 161,5 à 252,7 €/MWh en moyenne journalière fin octobre. Une moyenne mensuelle éclaire mieux une décision d’achat qu’un prix du jour.

Qu’est-ce qui a changé depuis juillet 2026 ?

Le détroit d’Ormuz n’est pas revenu à la normale. Selon l’AIE en octobre, les flux totaux par le détroit ont rebondi de 3,7 mb/j à 10,9 mb/j, et les exportations par des voies de contournement ont atteint 5,6 mb/j. L’AIE parle d’un rebond fragile. Avant la guerre, environ 20 % du pétrole mondial transitait par cette zone.1

L’EIA américaine estime que les volumes par Ormuz sont tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 au quatrième trimestre 2025.

Pourquoi le gazole est-il plus tendu que le pétrole brut ?

Les produits raffinés sont plus contraints que le brut. Selon l’AIE en septembre, les exportations de produits raffinés et de GPL des pays du Golfe restaient inférieures d’environ 60 % à leur niveau de février, et les exportations nettes de gazole n’atteignaient qu’un peu plus du quart de leur niveau d’avant-guerre. Dans son rapport d’octobre, l’agence attribue au diesel 25 % de la baisse attendue de la demande mondiale.

Pour une entreprise de transport, de BTP ou d’agriculture, cet écart compte plus que le cours du baril.

La France risque-t-elle une pénurie de gaz, de pétrole ou de carburant cet hiver ?

Pour le gaz, la Commission européenne ne signale pas de risque immédiat. Le 8 octobre 2026, elle a jugé le système gazier européen assez flexible pour couvrir la demande de l’hiver malgré des stockages inférieurs aux niveaux historiques. Selon ENTSOG, les stockages européens étaient remplis à 72 % au 1er octobre, contre 83 % un an plus tôt.2

La sécurité d’approvisionnement n’équivaut pas à la stabilité des prix. Des stocks bas rendent le marché sensible aux aléas : froid, retards de cargaisons de GNL ou nouvelle escalade. La Commission prépare aussi la fin des contrats de long terme de GNL russe, au début de 2027.

Pour les produits pétroliers, la tension se lit dans les réponses publiques. Le G7 a décidé le 2 octobre de mobiliser 100 millions de barils de stocks stratégiques. La France libère pour sa part 10 millions de barils de gazole.3

Pourquoi l’électricité des entreprises augmente-t-elle malgré le parc nucléaire français ?

Le gaz fixe le prix de l’électricité aux heures où il est la production marginale en Europe, et les marchés sont interconnectés. Au troisième trimestre 2026, le prix de gros du gaz en Allemagne a progressé d’environ 91 % sur un an, et le prix de gros français de l’électricité de 144,2 %.

La fin de l’ARENH change la donne. Ce dispositif a pris fin au 31 décembre 2025 et le versement nucléaire universel l’a remplacé. Il n’offre plus aux fournisseurs un volume à prix fixe comparable. Les entreprises sont donc plus exposées au marché de gros qu’en 2022.

L’effet dépend du contrat. Une offre indexée suit le marché presque immédiatement. Un contrat à prix fixe protège jusqu’à son échéance, puis le renouvellement s’effectue aux conditions du moment. Les tarifs réglementés, réservés aux petits sites, restent inchangés jusqu’à leur révision du 1er février 2027.

Pour approfondir, l’analyse d’Optima Énergie sur l’évolution des prix de l’électricité détaille la courbe à terme.

Que disent les analystes de l’évolution des prix d’ici 2027 ?

Aucune prévision ne tranche, car tout dépend du détroit d’Ormuz. Kathleen Brooks (XTB) s’attend à un Brent confortablement au-dessus de 110 dollars au moins jusqu’aux élections américaines du 3 novembre. Standard Chartered observe qu’un accord crédible réduirait la prime de risque, mais qu’une baisse marquée suppose des avancées sur le détroit.

À plus long terme, l’EIA suppose que les flux resteront contraints jusqu’à fin 2026, puis que les prix baissent progressivement jusqu’à environ 74 dollars le baril au quatrième trimestre 2027, à mesure que les stocks se reconstituent. Ces projections restent des scénarios, révisés chaque mois.

Les mesures publiques réduisent-elles la facture énergétique des entreprises ?

Elles agissent surtout sur les carburants, et en partie seulement. Le décret n° 2026-981 du 23 octobre 2026 organise la cession de gazole des stocks stratégiques à leur coût d’acquisition. Il couvre le gazole, le fioul domestique et le pétrole lampant, dans la limite d’environ 10 millions de barils. L’avantage doit être répercuté de la chaîne de distribution à partir du 1er novembre 2026 et intégralement au plus tard le 31 mars 2027. Le gazole non routier utilisé par le BTP, l’agriculture et la pêche est également concerné.4

Le gouvernement vise une baisse de 12 à 18 centimes par litre. Pour une entreprise, le gain réel dépend de la répercussion par son fournisseur et du volume consommé.

Le déplacement du président dans le Golfe, du 19 au 21 octobre, visait des engagements sur du diesel et du pétrole. Francis Perrin, expert en énergie, juge l’effet sur les prix limité tant que la région n’est pas stabilisée.

Les mesures de soutien spécifiques aux entreprises doivent être vérifiées sur le site du gouvernement.

Faut-il fixer son prix de l’énergie maintenant ou attendre ?

Aucune stratégie ne domine. Fixer un prix élevé fige une prime de risque déjà intégrée dans les prix à terme. Attendre laisse l’entreprise exposée à un nouvel épisode de hausse. La décision dépend de la capacité à absorber un écart de prix, pas d’un pari sur le marché.

Situation de l’entreprisePrioritéApproche à étudierPoint de vigilance
Budget contraint, consommation prévisibleLimiter l’incertitudeCouverture fixe par tranches, étalée dans le tempsNe pas figer des volumes irréalistes
Consommation variable ou saisonnièreGarder de la flexibilitéOffre mixte avec part indexée plafonnéeCoût des écarts de volume
Activité déplaçable dans le tempsValoriser la souplesseIndexation et pilotage des usagesCapacité réelle de modulation
Contrat qui expire sous 12 moisRetrouver du pouvoir de négociationConsultation anticipée de plusieurs offresNe pas signer sous la seule pression de l’actualité
Flotte ou process dépendant du dieselProtéger la margeClauses d’indexation carburant dans les contrats clientsDélai de répercussion des hausses
Tableau 2. Grille de décision pour cadrer une stratégie d’achat d’énergie. Elle ne constitue pas une recommandation contractuelle universelle.

Pour comparer des structures de prix, des clauses et des niveaux de risque, les entreprises peuvent utiliser le comparateur électricité et gaz pour les professionnels.

Que vérifier dans un contrat en cours ?

Quatre points déterminent l’exposition réelle : la durée de validité du prix et les volumes couverts ; l’index appliqué au solde non couvert ; le traitement des écarts entre consommation prévue et réelle ; les composantes révisables hors fourniture, comme l’acheminement et les taxes.

Que faire dans les 30 prochains jours pour limiter son exposition ?

Commencez par un état des lieux par site : date de fin de contrat, consommation annuelle, puissance, volumes couverts, mécanismes d’indexation. Testez ensuite trois niveaux de prix sur le budget et la marge. Définissez enfin un seuil de décision et les personnes habilitées à agir.

Quelques dates guident le calendrier :

  • 3 novembre 2026 : élections américaines de mi-mandat, que les analystes citent comme risque de volatilité du pétrole.
  • 1er novembre 2026 : début de la répercussion de la baisse du gazole.
  • 1er janvier 2027 : fin des contrats de long terme de GNL russe.
  • 1er février 2027 : révision des tarifs réglementés d’électricité.
  • 31 mars 2027 : échéance de la répercussion complète de l’avantage sur le gazole.

Pourquoi réduire ses consommations reste la couverture la plus robuste ?

Un mégawattheure évité n’est exposé à aucun prix de marché. Cette logique tient quel que soit le niveau du Brent, du TTF ou du prix à terme de l’électricité.

Pour un site tertiaire, les leviers portent sur les horaires de chauffage, la climatisation, l’éclairage et le talon nocturne. Pour un site industriel, ils concernent l’air comprimé, les températures de process, la récupération de chaleur et le déplacement de certains usages.

Optima Énergie accompagne les entreprises dans la réduction de leurs consommations énergétiques. Cette démarche complète l’achat : un contrat bien négocié limite le prix du mégawattheure, une consommation évitée supprime son achat. Elle exige des données de consommation, de puissance et de production pour mesurer l’économie réelle. Voir l’approche d’Optima Énergie.

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FAQ sur la guerre au moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient provoque-t-elle une pénurie de carburant en France ?

Pas à ce stade. Le 24 juillet 2026, la Commission européenne indiquait que l’approvisionnement de l’Union européenne pouvait être assuré par les stocks commerciaux et des sources alternatives. Une crise plus longue pourrait toutefois tendre les marchés et renchérir les produits raffinés.

Le prix de l’électricité des entreprises va-t-il augmenter automatiquement ?

Non. L’électricité dépend de plusieurs facteurs : gaz européen, disponibilité de production, demande, interconnexions et structure du contrat. Une entreprise en offre indexée est généralement plus exposée à court terme qu’une entreprise déjà couverte.

Faut-il signer un prix fixe pendant une crise géopolitique ?

Pas systématiquement. Un prix fixe peut sécuriser un budget, mais il peut aussi figer un prix élevé ou des volumes mal estimés. Il faut d’abord analyser les volumes couverts, la durée, les clauses de révision et le risque financier acceptable.

Pourquoi le détroit d’Ormuz est-il important pour les entreprises françaises ?

Il est un passage majeur pour le pétrole, les produits raffinés et le GNL. Une perturbation modifie les flux mondiaux, les coûts de transport et les anticipations de marché. L’effet se transmet ensuite à l’Europe, notamment via le gaz et les carburants.

Quels contrats sont les plus exposés à la volatilité ?

Les contrats indexés sur les prix spot ou sur des indices de marché sont les plus directement exposés. Les contrats fixes restent exposés aux composantes contractuellement révisables, ainsi qu’au risque de renouvellement à l’échéance.

Quelle est la première donnée à analyser ?

La première donnée est le volume réellement exposé. Il faut comparer la consommation prévue, les volumes déjà couverts, les échéances et la formule de prix. Sans cette cartographie, une décision de couverture reste spéculative.


Sources :

  1. Rapport du marché du pétrolier octobre 2026 – IEA ↩︎
  2. Le système gazier de l’UE s’est préparé pour l’hiver malgré des niveaux de stockage plus faibles. – European commission
    ↩︎
  3. Baisse du prix du gazole : ce qui change à la pompe – info.gouv.fr
    ↩︎
  4. Le gouvernement promet une baisse du gazole dès le 1er novembre – Connaissance des énergies ↩︎