L’année 2025 a été une période charnière pour les marchés de l’énergie en France et en Europe. Entre retour en force du nucléaire, baisse des prix du gaz et tensions géopolitiques persistantes, les professionnels ont dû naviguer dans un environnement complexe. Avec une tendance générale à la baisse qui a vu revenir les prix d’avant la crise. Cette rétrospective détaille les évolutions majeures des marchés et vous éclaire sur les enjeux à anticiper pour optimiser votre consommation annuelle de référence de gaz et vos contrats d’électricité en 2026.
A retenir :
- Record d’exportations françaises : Avec 92 TWh exportés en 2025, la France confirme sa position de leader européen grâce à une production 95% bas-carbone, mais la consommation nationale stagne dangereusement à 449 TWh
- Diversification énergétique réussie : L’Europe a réduit sa dépendance au gaz russe de 45% (2021) à 12% (2025), tandis que les prix du TTF ont chuté à 27 €/MWh, leur plus bas niveau depuis 19 mois
- Fin de l’ARENH et nouvelle donne tarifaire : La suppression du tarif régulé à 42 €/MWh au 31 décembre 2025 expose désormais les professionnels aux prix de marché, avec une fourchette attendue entre 58 et 70 €/MWh pour 2026
- Climat : un seuil historique franchi : 2025 devient la première année à dépasser +1,5°C, créant de nouveaux pics de prix lors des canicules et confirmant l’urgence de la transition énergétique
Contexte économique et géopolitique 2025 : La croissance mondiale est-elle en berne ?
L’année 2025 s’est déroulée dans un climat économique incertain. La croissance mondiale a ralenti, notamment sous l’effet des tensions commerciales liées au second mandat de Donald Trump. Les relations sino-américaines, bien qu’apaisées par un accord commercial en octobre, ont fortement influencées les marchés énergétiques mondiaux.
En zone euro, la désinflation s’est poursuivie avec un taux proche de 2 %, mais dans un contexte de finances publiques fragiles. Les dépenses de défense ont augmenté significativement, pesant sur les budgets nationaux. Par ailleurs, on a observé un affaiblissement du dollar face à l’euro, impactant les échanges de matières premières cotées en devise américaine.
Quelles ont été les grandes tendances du marché gazier en 2025 ?
Des prix en recul malgré des stocks européens inférieurs
Le marché du gaz naturel a connu une année 2025 plutôt favorable pour les consommateurs. Les prix ont amorcé une tendance baissière qui s’est accentuée en fin d’année. Le TTF, indice de référence européen, a atteint 27 €/MWh en décembre 2025, marquant son plus bas niveau depuis 19 mois.
Paradoxalement, les stocks européens se sont révélés moins élevés que fin 2024, atteignant 82 % contre 93 % l’année précédente. Toutefois, les marchés sont restés confiants grâce aux bons arrivages de GNL et aux livraisons régulières de gaz norvégien.
Quelle a été la situation d’importation de gaz en Europe en 2025 ?
L’Europe a réussi sa diversification énergétique. La dépendance aux importations russes est passée de 45 % en 2021 à seulement 12 % en 2025, avec un objectif de 0 % d’ici fin 2027. Cette transformation majeure s’accompagne d’une dépendance accrue au GNL américain, tandis que les flux russes se réorientent massivement vers l’Asie.
Quelles sont les perspectives du marché gazier en 2026 ?
Pour 2026, les prix du gaz affichent une fourchette encourageante autour de 29,87 €/MWh. Cette décrue s’explique par l’expansion mondiale du GNL et une demande européenne modérée. Les contrats à terme anticipent même des prix entre 23 et 24 €/MWh d’ici 2030.
Attention : Malgré ces tendances favorables, la volatilité demeure omniprésente. Un incident technique, une tension géopolitique majeure ou une vague de froid peuvent rapidement faire basculer les marchés. Pour les professionnels, optimiser sa consommation annuelle de référence de gaz nécessite une stratégie d’achat réactive.
Le marché de l’électricité : Entre abondance nucléaire et volatilité
Prix Forward : Une fourchette stable mais au-dessus de l’ARENH
Les prix Forward ont évolué globalement entre 80 et 90 €/MWh au cours de l’année 2025. En décembre, une baisse s’est dessinée grâce au recul des prix du gaz, mais elle a été partiellement freinée par la hausse des quotas carbone.
Pour 2026, les prix de l’électricité baseload se situent actuellement entre 58 et 70 €/MWh. Cette fourchette reflète plusieurs facteurs déterminants : la fin de l’ARENH, le niveau de production nucléaire attendu, le développement des renouvelables et l’évolution des prix du gaz et du CO₂.
Le marché Spot : Forte volatilité et disparités géographiques
Le marché Spot s’est révélé particulièrement volatil en 2025, influencé par trois facteurs principaux : la météo, la production renouvelable croissante et la disponibilité du parc nucléaire. Les disparités de mix électrique ont engendré des écarts de prix significatifs en Europe du Nord-Ouest.
Les prix moyens mensuels ont oscillé entre 19 €/MWh en mai 2025 (grâce à une forte production solaire et éolienne) et 122 €/MWh en février lors des vagues de froid. En décembre 2025, le prix spot s’établissait autour de 65 €/MWh en moyenne.
Production et consommation : Un paradoxe français
Production record et exportations historiques
La France a battu un nouveau record d’exportations d’électricité en 2025 avec un solde net de 92,3 TWh, dépassant le précédent record de 89 TWh établi en 2024. Ce volume considérable représente plus que la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique.

La production totale s’est établie à 544 TWh, en légère croissance de 1 % par rapport à 2024. Elle a été produite à 95 % à partir de filières bas-carbone : nucléaire, hydraulique et renouvelables intermittents.

Le parc nucléaire a généré 371 TWh en 2025, soit 11 TWh supplémentaires par rapport à 2024. L’EPR de Flamanville, mis en service fin décembre et ayant atteint 100 % de sa puissance le 14 décembre, symbolise la renaissance du nucléaire français après des années difficiles.
Consommation stagnante : Un signal d’alarme
Selon RTE, la consommation d’électricité corrigée des effets météorologiques et calendaires est restée stable à 449 TWh en 2025. Elle demeure inférieure d’environ 6 % à ses niveaux de la période 2014-2019 pour la troisième année consécutive.

Cette stagnation s’explique par trois facteurs :
- l’amélioration de l’efficacité énergétique (un point positif)
- la poursuite de la désindustrialisation
- l’effet prix sur les consommateurs.
Les factures élevées, résultant notamment des investissements dans les renouvelables intermittents, pèsent sur la demande.
Bon à savoir : Pour les professionnels, cette situation paradoxale démontre que la France n’atteint pas ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation. L’électrification des usages, clé de la transition énergétique, reste insuffisante.
Fin de l’ARENH : Un tournant majeur pour les professionnels
Qu’est-ce que l’ARENH et pourquoi sa fin est importante ?
L’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH) a prit fin le 31 décembre 2025. Ce dispositif permettait aux fournisseurs d’acheter jusqu’à 100 TWh d’électricité nucléaire à EDF à un prix fixe de 42 €/MWh, bien inférieur aux prix actuels du marché.
Le Versement Nucléaire Universel (VNU) : Le nouveau mécanisme
Dès janvier 2026, tous les consommateurs seront intégralement exposés aux prix de marché. Un nouveau mécanisme, le Versement Nucléaire Universel (VNU), prévoit un prix moyen de 70 €/MWh sur 15 ans. La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) estime le coût complet de production du nucléaire historique entre 60,3 €/MWh pour 2026-2028 et 63,4 €/MWh pour 2029-2031.
Cette transition majeure va exposer les entreprises à une volatilité accrue. Il est impératif d’anticiper cette évolution en sécurisant vos approvisionnements 2026 dès maintenant sur le marché à terme.

Le marché du pétrole : Surproduction et demande timide
Les prix du pétrole ont fluctué tout au long de 2025 en réaction à plusieurs facteurs : conflits géopolitiques, tensions commerciales et décisions de production de l’OPEP+. Une situation de surproduction mondiale s’est installée, avec l’OPEP+ augmentant sa production pour reconquérir des parts de marché et les États-Unis battant des records de production.
Parallèlement, la demande mondiale est restée timide, notamment en Chine où l’électrification rapide des transports pourrait bientôt faire atteindre le pic de consommation pétrolière.
Le marché du carbone : Volatilité et perspectives haussières
Les prix du CO₂ ont connu une année en deux temps. Corrélés au gaz jusqu’à l’été, ils ont reculé au premier trimestre avant de grimper d’avril à décembre. Les tensions commerciales ont créé de la volatilité et de l’incertitude pour les investisseurs et spéculateurs.
Les perspectives s’annoncent haussières pour les années à venir, portées par la réduction attendue des quotas disponibles aux enchères. Cette tendance aura un impact direct sur le marché de l’électricité, où le CO₂ contribue à fixer les prix marginaux.
| Composante | Impact sur les prix 2026 | Tendance |
|---|---|---|
| Prix du gaz | Influence le coût marginal | Stabilisation |
| Quotas CO₂ | Pression haussière | Hausse prévue |
| Production nucléaire | Compétitivité française | Disponibilité à 73 % |
| Renouvelables | Volatilité accrue | Forte croissance |
Climat et environnement : Un record alarmant
L’année 2025 devrait être la plus chaude jamais enregistrée, dépassant pour la première fois le seuil de +1,5°C fixé par l’Accord de Paris. La COP30 à Belém a été marquée par des divisions persistantes sur le financement climatique et les objectifs de réduction des émissions.
Pour les entreprises, cette tendance au réchauffement accentue les enjeux de transition énergétique. Les épisodes de fortes chaleurs, comme observés en août 2025, conduisent désormais à des prix élevés sur le marché spot en soirée (autour de 150 €/MWh entre 20h et 22h), un phénomène nouveau qui va devenir de plus en plus fréquent.
Stratégies d’optimisation pour les professionnels en 2026
Sécuriser vos approvisionnements
Face aux évolutions du marché (fin de l’ARENH, volatilité accrue, électrification progressive), plusieurs leviers d’optimisation s’offrent aux entreprises. Il est crucial de surveiller les garanties de capacité qui peuvent représenter 5 à 10 % de la facture, avec un prix de 3 469,6 €/MW pour 2026.
Adapter votre stratégie d’achat
Pour optimiser votre consommation annuelle de référence de gaz et vos contrats d’électricité, plusieurs approches sont recommandées :
- Réévaluer régulièrement vos contrats en fonction des évolutions tarifaires
- Adapter votre profil de consommation selon vos usages réels
- Diversifier vos sources d’approvisionnement
- S’appuyer sur des experts en gestion énergétique pour bénéficier d’une analyse personnalisée
Profiter de la flexibilité
Le développement de la flexibilité, notamment le stockage par batterie, permet de transformer le risque de volatilité en opportunité. Les entreprises équipées peuvent bénéficier des prix bas en milieu de journée (production solaire abondante) et éviter les pics tarifaires du matin et du soir.
Questions à surveiller en 2026
Trois interrogations majeures dominent les perspectives pour l’année à venir :
Comment la croissance économique mondiale va-t-elle se comporter ? Le ralentissement observé en 2025 va-t-il se poursuivre ou assisterons-nous à un rebond ? Cette question conditionne directement la demande énergétique mondiale.
Comment les tensions géopolitiques vont-elles évoluer ? Les pourparlers de paix Ukraine-Russie, les relations sino-américaines et les incertitudes au Venezuela influenceront les flux énergétiques mondiaux. Pour les professionnels, ces facteurs géopolitiques impactent directement la sécurité d’approvisionnement et les prix.
Quel sera l’impact du prix du CO₂ et de la régulation carbone ? Avec la réduction des quotas disponibles aux enchères, les prix du carbone devraient continuer leur ascension. Cette tendance exercera une pression haussière sur le marché de l’électricité, particulièrement lors des pics de consommation où les centrales à gaz fixent le prix marginal.
FAQ sur l’historique 2025 du gaz et électricité
Qu’est-ce que la consommation annuelle de référence de gaz et où la trouver ?
La CAR est une estimation standardisée de votre consommation de gaz sur 12 mois (kWh), indiquée par GRDF sur vos factures, généralement dans « Détails de l’abonnement ».
Pourquoi la fin de l’ARENH impacte-t-elle les prix de l’électricité en 2026 ?
L’arrêt de l’ARENH expose les consommateurs aux prix de gros, plus élevés et volatils. Le nouveau mécanisme VNU prévoit un prix moyen autour de 70 €/MWh.
Comment optimiser sa consommation de gaz en tant que professionnel ?
Améliorer l’isolation, moderniser le chauffage, ajuster les températures, surveiller la CAR et comparer régulièrement les offres.
Pourquoi la France exporte-t-elle autant d’électricité malgré une consommation nationale stable ?
La production décarbonée dépasse la demande nationale, qui stagne à 449 TWh à cause de l’efficacité énergétique, de la désindustrialisation et de l’effet prix.





