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Les centrales nucléaires en France : quelle évolution dans les années à venir ?

Fer de lance du mix énergétique depuis les années 1980, le parc nucléaire français fait face à un renouvellement indispensable. La majorité des centrales nucléaires en fonction arrive au terme de leur durée maximale d’exploitation. Pourtant, elles constituent encore environ 67% de la production d’électricité en France. Cet état de santé de nos centrales nucléaires pose question sur l’avenir de l’énergie en France. Avec le contexte géopolitique actuel, ces questions sont encore plus justifiées.

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Ainsi, dans le cadre des accords de Paris et la préservation de l’environnement, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) a fixé les objectifs à suivre pour le gouvernement dans les années à venir. L’objectif est simple : diminuer les émissions de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère, par une révision du mix énergétique français. 

Si les anciens objectifs visaient à réduire la part du nucléaire à 50 %, la nouvelle stratégie souveraine mise désormais sur une relance massive de l’atome.

A retenir :

  • L’objectif de réduire le nucléaire à 50 % du mix énergétique a été officiellement abandonné.
  • L’EPR de Flamanville a atteint 100 % de sa puissance en décembre 2025 et réalise ses tests finaux en 2026.
  • La France prévoit 6 nouveaux réacteurs (EPR2) dont le coût est désormais réévalué à 67,4 milliards d’euros.
  • Le projet ITER poursuit ses recherches mondiales sur la fusion nucléaire (énergie propre et sans déchets).

Quelle place pour le nucléaire dans le mix énergétique français à l’horizon 2035 ? 

La PPE privilégie-t-elle les nouvelles centrales nucléaires ?

La PPE propose de développer dans de grandes proportions les installations en énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, géothermie, biogaz) aux quatre coins de la France. 

Ce développement doit permettre l’équilibre dans la production d’électricité. Pour se faire, la PPE propose plusieurs actions : 

  • doubler la capacité installée des ENR en 2028, par rapport à 2017 ;
  • développer la filière biogaz d’ici 2028, pour atteindre entre 6 et 8% du mix énergétique ;
  • augmenter de 40 à 60% la production de chaleur renouvelable ;
  • financer le développement de la filière hydrogène…

Depuis les précédentes lois, la France a revu sa copie pour devenir plus autonome en termes de production d’énergie et relancer son parc nucléaire.

Où en est l’EPR de Flamanville en 2026 ?

Après 12 ans de retard sur la date de mise en service initiale, l’EPR de Flamanville a injecté ses premiers MWh d’électricité sur le réseau. En 2025, des essais grandeur nature sur l’exploitation du réacteur ont été réalisés pour tester la sécurité et la disponibilité, grâce à près de 4000 points de contrôle.

Étapes clés du calendrier de mise en service

  • Chargement finalisé en mai 2024.
  • Couplage au réseau en décembre 2024.
  • Pleine puissance (100 %) atteinte le 14 décembre 2025.

La mise en service initialement prévue pour 2012 a été retardée en raison de soucis de soudures complexes sur le circuit secondaire du réacteur.

Prochaines démarches et attentes en 2026 :

En 2026, l’EPR réalise des essais dits de « grands transitoires ». Il subit des arrêts manuels volontaires pour vérifier sa sûreté. En février 2026, il a battu son record de production avec 1 590 MW injectés. L’EPR de Flamanville est devenu le réacteur le plus puissant du parc nucléaire, avec environ 1 650 MW brut.

Au total, la construction du réacteur aura coûté près de 23,7 milliards d’euros (selon la Cour des comptes en 2025), au lieu des 3,3 milliards initialement budgétisés.

Bon à savoir : L’EPR de Flamanville subira un premier grand arrêt réglementaire de maintenance (« Visite Complète ») prévu pour septembre 2026. Cet arrêt durera environ 350 jours.

Quelles sont les nouvelles centrales nucléaires prévues pour 2035 ?

D’ici 2050, RTE a réalisé une projection sur le niveau de la demande d’électricité. Le gestionnaire de réseau estime que la demande totale d’électricité va augmenter de 40%. Couplée avec les sanctions de l’UE envers la Russie et les divers embargos, la France doit revoir sa stratégie d’approvisionnement. 

Ainsi, face à ce dilemme, le gouvernement d’Emmanuel Macron a annoncé la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires. Ce calendrier permettrait ainsi une mise en service des nouveaux réacteurs entre 2035 et 2037. 

Le modèle de réacteurs prévus pour ces nouvelles installations est l’EPR 2, une version améliorée de l’EPR actuellement en construction à Flamanville. Cette version, totalement conçue en numérique, offre la possibilité de réaliser des économies d’échelle grâce à des préfabrications en usine. Selon EDF, cette conception en numérique permettrait de repérer plus facilement les possibles anomalies de conception. 

Pour l’instant, 4 sites sont en bonne position pour accueillir ces réacteurs nucléaires nouvelle génération : 

  • Penly (Seine-Maritime) ;
  • Graveline (Nord) ;
  • Bugey (Ain) ;
  • Tricastin (Drôme) ;

Le coût total de la construction de ces nouveaux réacteurs est désormais estimé à 67,4 milliards d’euros (chiffre actualisé par la Cour des comptes début 2025).

Bientôt des réacteurs à fusion nucléaire dans le mix énergétique français ?

Pour l’instant, le parc nucléaire français est constitué uniquement de réacteurs à fission nucléaire, basé sur des éléments instables, tels que l’Uranium. Néanmoins, des recherches sont en cours pour développer un nouveau type de réacteurs, à fusion nucléaire. C’est notamment le cas dans le sud de la France, avec le projet ITER.

Comment le projet ITER recrée-t-il le soleil pour produire de l’électricité ?

Ce projet a débuté en 1985, lors du sommet des superpuissances de l’époque à Genève, à la suite de la proposition de M. Gorbatchev d’établir une collaboration internationale autour de la fusion nucléaire. Cette idée a abouti en 2010 au lancement de la construction du site sur la commune de Saint-Paul-Lez-Durance, près d’Aix-en-Provence. 

Projet ITER centrale à fusion nucléaire
Site en construction du projet ITER

La fusion nucléaire correspond au fonctionnement du soleil et des étoiles, avec la création de chaleur grâce à la fusion de plusieurs atomes d’hydrogène. Cette collision des atomes est possible grâce à une pression et une chaleur initiale très élevées (environ 150 millions de degrés). Par la suite, la fusion forme des atomes d’hélium, et libère une quantité très importante d’énergie. 

TechnologiePrincipe scientifiqueDéchets radioactifsStade actuel
Fission (EPR)Division d’un atome lourd (Uranium)Oui (à vie longue)Exploitation industrielle
Fusion (ITER)Assemblage d’atomes légers (Hydrogène)Non (ou très faible)Recherche expérimentale

Pourquoi ITER est-il un enjeu international ?

Au total, près de 35 pays prennent part actuellement à ce projet et collaborent sur le développement de la fusion nucléaire la plus puissante et performante possible. Cette recherche consiste également à trouver l’équilibre entre performance et sûreté d’exploitation.

Parmi les pays représentés, on retrouve :

  • La France ;
  • L’Union européenne ;
  • La Suisse ;
  • Le Royaume-Uni ;
  • La Chine ;
  • L’Inde ;
  • Le Japon ;
  • La Corée ; 
  • La Russie ;
  • Les Etats-Unis.

Cette collaboration doit durer 35 ans, le temps de construire et exploiter les installations expérimentales du site. À terme, les projections de performance tablent pour l’élaboration de la première machine avec une quantité d’énergie nette. Cela signifie qu’elle sera capable de produire davantage d’énergie, par rapport à ce qu’elle va recevoir. 

Le Tokamak, nom du réacteur expérimental, est conçu pour avoir une puissance de fusion de 500 MW. Cette capacité permet aux chercheurs de tester la réaction du plasma en fusion dans des conditions proches d’une exploitation réelle. 

À terme, les réacteurs à fusion, tels que le Tokamak, doivent permettre : 

  • une libération d’énergie bien plus conséquente que la fission nucléaire ;
  • une absence de création de déchets radioactifs à vie longue ;
  • un accès simplifié aux éléments de fusion (Deutérium, Tritium).

Que faire en attendant ITER et la construction de nouvelles centrales nucléaires ?

D’ici là, et malgré la construction de centrales nucléaires nouvelles générations, le secteur du nucléaire est dans l’expectative. Si les années 2022 et 2023 ont connu des creux historiques de production (corrosion, maintenances), la situation s’est depuis redressée.

Cela a néanmoins prouvé que le marché peut entraîner à moyen terme une hausse des prix de l’électricité et du gaz naturel. Dans la recherche du prix le plus intéressant pour votre entreprise, des prestataires de service, comme Optima Energie, accompagnent les consommateurs dans la maîtrise de leur budget énergétique.

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FAQ

Où en est la construction des nouvelles centrales nucléaires en France en 2026 ?

Le gouvernement a lancé le programme EPR2 prévoyant 6 nouveaux réacteurs. Les premiers sites identifiés sont Penly, Gravelines, Bugey et Tricastin. Leur mise en service est espérée entre 2035 et 2037.

Quel est le coût actuel du programme des futurs réacteurs (EPR2) ?

Début 2025, la Cour des comptes a réévalué le coût prévisionnel des six futurs réacteurs EPR2 à 67,4 milliards d’euros, contre 46 milliards initialement annoncés.

Quelle est la différence entre l’EPR de Flamanville et le projet ITER ?

L’EPR de Flamanville est un réacteur industriel en fonction (fission nucléaire). ITER est un projet international de recherche situé dans le sud de la France, visant à prouver la faisabilité scientifique de la fusion nucléaire (sans déchets à vie longue).

L’objectif de réduire le nucléaire à 50 % est-il toujours d’actualité ?

Non. Face aux enjeux de décarbonation et de souveraineté énergétique, la France a officiellement abandonné la loi visant à réduire la part du nucléaire à 50 % d’ici 2035.