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Evolution du prix de l’électricité et du gaz naturel en 2024 : Quelles sont les dernières tendances ?

L’année 2024 marque un tournant après 2 ans de crises énergétiques. Malgré les conflits politiques en Europe, les difficultés de production d’énergie par EDF, le prix de l’électricité et du gaz naturel est en baisse et stable. Les prévisions 2024 sont optimistes quant à l’évolution des prix des énergies.

 

Nouveau call-to-action

 

Quels sont les prix de l’électricité pour 2024 ?

 

Un marché de l’électricité en légère hausse sur la fin du premier trimestre 2024

 

Evolution du prix de l'électricité en 2024

 

Au 4 avril 2024, les prix de l’électricité profitent de la météo clémente, avec des tarifs pour les années de livraison de 72,55 €/MWh pour 2025, 63,70 €/MWh pour 2026 et 62,10 €/MWh pour 2027. De leur côté, les prix spot en France ont fortement baissé, atteignant même près de 0 EUR/MWh pendant quelques heures, en raison de températures plus élevées et d’une production éolienne et nucléaire abondante. Les prix spot belges ont suivi la même tendance à la baisse. Cette pression sur le marché spot devrait persister.

Parallèlement, les prix à long terme suivent la baisse des prix du gaz et des émissions de CO2, soutenus par des prévisions météorologiques favorables et une demande toujours faible. Le contrat BE CAL25 se situe autour de 77 EUR/MWh. La baisse des prix spot en France pourrait continuer à alimenter cette tendance à la baisse des prix à long terme.

Les prix des émissions de CO2 ont baissé à 56,03 EUR/t en raison des prévisions de vent et de températures plus élevées pour la semaine à venir, ce qui devrait limiter la production d’électricité à partir de combustibles fossiles.

 

Fusion de l’ASN et de l’IRSN : Adoption justesse à l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale a adopté de justesse le projet de loi fusionnant l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), créant ainsi l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) dès le 1er janvier 2025. Cette fusion, soutenue par le ministre de l’Énergie, Roland Lescure, vise à « fluidifier » les processus décisionnels pour la construction de nouveaux réacteurs EPR2 et la prolongation de la durée de vie des centrales existantes.

Cependant, la disponibilité du parc nucléaire français est en baisse, avec 17 réacteurs sur 56 arrêtés, représentant 30% du parc nucléaire. Bien que la production nucléaire couvre toujours une grande partie de la demande électrique nationale, les prévisions de capacité disponible ont été revues à la baisse par EDF pour les mois de mars et avril.

 

EDF sommée de renégocier les contrats signés avec les TPE/PME

Le ministre de l’Économie et des Finances a annoncé que EDF s’engage à renégocier les contrats signés avec les petites et moyennes entreprises ainsi que les entreprises de taille intermédiaire, contractés lorsque les prix de l’énergie étaient au plus hauts pendant la crise énergétique. Plusieurs organisations professionnelles, telles que la Confédération des commerçants de France et des hôteliers-restaurateurs, ont demandé cette renégociation en raison de tarifs jugés injustement élevés, tandis qu’une enquête montre que plus de la moitié des professionnels restent liés à des contrats avec des prix bien au-dessus du marché malgré la baisse des coûts énergétiques.
Une enquête réalisée par le GHR et l’UMIH en janvier révèle que plus de la moitié des professionnels (59%) sont toujours liés à des contrats énergétiques à des prix très élevés, dépassant 180 euros le MWh, alors que les tarifs ont chuté depuis fin 2022. Environ 10 à 15% des professionnels sont même engagés dans des contrats avec des tarifs dépassant les 350 euros le MWh. Par ailleurs, les tarifs de l’électricité ont augmenté pour la majorité des Français le 1er février suite à la fin du « bouclier tarifaire », avec une hausse de 5,2 à 8% pour les petites entreprises selon les contrats.

 

Les garanties d’origines en baisse en 2024

Les garanties d’origine françaises ont enregistré une baisse significative, atteignant leur plus bas niveau en 23 mois lors de la dernière enchère. Cette diminution, expliquée par une offre excédentaire, a entraîné des prix jusqu’à 68 % inférieurs au mois précédent, avec des certificats échangés huit fois moins chers qu’en janvier 2023.

Les prix des garanties d’origine ont varié entre 0,83 €/MWh et 1,36 €/MWh lors de la dernière enchère, avec un volume de 4,9 TWh mis en vente, une augmentation de 2,1 TWh par rapport au mois précédent. Cette hausse s’explique par une forte production éolienne et hydroélectrique en novembre 2023, avec des prix cohérents par rapport aux transactions OTC.

Face à cette baisse des prix, les grandes entreprises se préparent en sécurisant leurs besoins, anticipant la volatilité du marché observée en 2022, selon les courtiers en énergie.

 

Bercy lance les « prêts verts »

Garantis par l’État avec un fonds de deux milliards d’euros pour 2024, les prêts verts visent à encourager les entreprises françaises à s’adapter au changement climatique en finançant des travaux comme l’amélioration de l’isolation des bâtiments ou l’installation de circuits de réutilisation de l’eau. Ouverts à toutes les entreprises, ils peuvent atteindre jusqu’à deux millions d’euros, voire deux millions et demi pour les industriels.

Les TPE et PME peuvent dès mars solliciter la Banque publique d’investissement (BPI France) pour des projets dépassant 200 000 euros, tandis que les dossiers de moins de 200 000 euros seront traités par la banque de l’entreprise à partir du 1er juillet. La justification des travaux est nécessaire pour obtenir ce prêt, préféré par Bruno Le Maire à des subventions, dans un contexte où la dépense publique est scrutée.

 

Prévisions d’évolution du prix de l’électricité en 2024

 

Prix de l’électricité : l’accord entre l’État et EDF en ballotage

Trois mois après l’annonce d’un accord entre EDF et l’État sur les prix de l’électricité après 2025, le ministère des Finances s’interroge sur la pertinence de ce modèle. Avec la baisse significative des cours de l’énergie observée récemment, EDF conclut moins de contrats que prévu, ce qui pousse le gouvernement à envisager un système de régulation plus poussée des tarifs si la situation ne s’améliore pas, option jusqu’ici refusée par EDF.

L’accord de novembre dernier visait à établir les bases d’une nouvelle régulation de l’électricité nucléaire afin de contenir les factures des consommateurs tout en garantissant la viabilité financière d’EDF. Cependant, avec la chute des prix de l’électricité sur les marchés, EDF a du mal à conclure des contrats avec des industriels et des fournisseurs, car ces derniers exigent souvent des tarifs inférieurs à celui fixé par l’accord.

Une des options envisagées par le gouvernement est le contrat pour différence (CfD), mécanisme écarté précédemment par EDF, qui permettrait de définir un prix plafond au-delà duquel les profits d’EDF seraient prélevés par l’État, ainsi qu’un prix plancher en dessous duquel l’entreprise serait compensée pour la vente de sa production. Cette option est à l’étude alors que le gouvernement se donne jusqu’à l’été pour évaluer la situation et pourrait intégrer le futur cadre de régulation dans le prochain projet de loi de finances.

 

Une augmentation du prix de l’électricité prévue sur le premier trimestre 2024 ?

Des ajustements significatifs sont à prévoir concernant les taxes liées à l’électricité, notamment en ce qui concerne la Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE). Créée en 2003 dans le but de financer divers services publics liés à l’électricité, la CSPE représente une part substantielle de la facture énergétique des consommateurs.

À partir de l’année 2024, le tarif de la CSPE connaîtra une augmentation notable, passant de 1 €/MWh à 21 €/MWh. Cette hausse marque un retour à un niveau plus proche de celui d’avant la crise énergétique, s’inscrivant dans le cadre des efforts gouvernementaux visant à stabiliser le financement des services publics électriques et à favoriser la transition énergétique.

De plus, le gouvernement prévoit une nouvelle augmentation en février 2025, portant le tarif de la CSPE à 32 €/MWh. Cette progression s’inscrit dans une perspective de réajustement continu pour répondre aux besoins croissants en matière de financement des services publics électriques, tout en encourageant les initiatives visant à favoriser une transition énergétique plus durable.

En parallèle, une augmentation des tarifs réglementés de vente (TRV) de l’électricité est également prévue à partir du 1er février 2024. Cette augmentation, fixée à 9,8 % sur les tarifs heures pleines et heures creuses, ainsi qu’à 8,6 % sur les tarifs de base, est en lien avec la fin progressive du bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement pour protéger le pouvoir d’achat des Français.

Evolution marché électricité en 2024

 

L’EPR de Flamanville enfin mis en service courant 2024

Le Premier ministre Gabriel Attal a affirmé devant l’Assemblée nationale que l’EPR de Flamanville serait opérationnel en 2024. Cette information a été confirmée par la direction du site lors de ses vœux aux élus manchois. Le calendrier de mise en service se déroulera en trois étapes :

  1. Chargement du combustible nucléaire en mars.
  2. Atteinte d’un quart de ses capacités de production à l’été.
  3. Pleine puissance à la fin de l’année 2024.

Cette date de lancement devait précédemment intervenir au cours de l’année 2023, mais un dernier retard en date a été généré à cause de problèmes au niveau de soudures complexes sur le circuit secondaire du réacteur. Pour rappel, l’EPR de Flamanville deviendra le réacteur nucléaire le plus puissant, parmi l’ensemble des réacteurs en fonction en France, avec une puissance de 1600 MW. À titre de comparaison, le réacteur le plus puissant en exploitation est d’une puissance de 1450 MW.

Cependant, le calendrier pourrait être affecté par les contrôles de sûreté, et la direction du site reste prudente quant au bon déroulement de chaque étape, soumise à de nombreux contrôles notamment de l’autorité de sûreté nucléaire.

 

Rappel des évolutions du prix de l’électricité en 2023 et 2024

 

Une stabilisation des prix de l’électricité entre mars et juin 2023 autour de 180€/MWh

 

 

Entre mars et juin 2023, les prix de l’électricité sont rentrés dans une phase appelée contango. Cela signifie que les prix spot sont plus avantageux que des souscrits à long terme. Au 2 juin 2023, le prix de l’électricité pour l’année de livraison 2024 s’élève à 152,71€/MWh. Dans le même temps, le prix spot de l’électricité s’établit à 52,01€/MWh, soit une différence tarifaire de 193%. Cela s’explique par des niveaux de production importants de la part des énergies renouvelables (éolien, solaire) qui offrent une meilleure couverture de la demande. Dans le même temps, les températures plus chaudes limitent la demande d’électricité.

On peut constater sur le graphique ci-dessus une oscillation importante des prix sur l’année de livraison 2023, qui illustre les difficultés du secteur à avoir des certitudes à moyen terme. En effet, pour l’hiver prochain, des doutes subsistent sur la capacité de l’Europe à répondre à la demande avec comme unique ressource ses stocks et les livraisons de GNL. De plus, les difficultés autour des centrales nucléaires ajoutent de l’incertitude sur le niveau de production à moyen terme. Entre le 1er janvier 2023 et le 23 mai 2023, le prix de l’électricité pour cette année de livraison a tout de même diminué de 26,76%, signe d’une légère accalmie sur la sécurité d’approvisionnement électrique en France.

Les prix pour les années de livraison 2025 et 2026 sont plus stables, et oscillent sur le mois de mai 2023 autour de 130€/MWh pour 2025, et 110€/MWh pour 2026.

 

Un prix de l’électricité au plus bas en fin d’année 2023

Les prix du marché de l’électricité pour la livraison en 2025 ont subi une baisse spectaculaire sur le dernier trimestre de l’année 2023, atteignant 92,19€/MWh le 29 décembre 2023. Cette baisse remarquable de 45% par rapport au début de l’année 2023 s’explique par plusieurs facteurs clés :

  • La résolution des problématiques concernant les réacteurs nucléaires a entraîné une augmentation significative de la production d’électricité, réduisant ainsi la tension sur le marché et abaissant les prix.
  • La baisse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL) a également contribué à cette chute des prix. L’électricité est indexée sur le cours du GNL, sa baisse de prix a eu un impact direct sur le coût de l’électricité.
  • Une météo de fin d’année exceptionnellement clémente a limité la demande en chauffage, ce qui a réduit la consommation globale d’électricité et exercé une pression à la baisse sur les prix du marché.

 

Hausse de 77% des autoconsommateurs d’électricité en 1 an

Au 30 juin 2023, 325 939 autoconsommateurs d’électricité individuels sont recensés en France, soit une hausse de 77% des autoconsommateurs par rapport à la même période en 2022. Cette hausse des installations photovoltaïques s’explique par la hausse des tarifs de l’électricité depuis la fin 2021. Au total, 4 départements dépassent dorénavant les 50 MW de puissance installée pour de l’autoconsommation : La Haute-Garonne, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et l’Isère. En plus de ces 4 départements, d’autres départements se distinguent également, avec des puissances installées entre 36 et 47 MW : le Nord, la Loire-Atlantique et le Rhône. Au total, la puissance du parc solaire atteint à la fin du premier semestre 2023 18 GW. Malgré cette embellie, cette puissance installée reste en deçà par rapport aux objectifs à atteindre d’ici 2050. Pour rappel, la France doit compter entre 92 et 144 GW de puissance solaire sur son territoire.

 

Quels sont les prix du gaz naturel en 2024 ?

 

Un prix du gaz naturel volatil en mars, qui repart à la hausse en avril

 

Evolution du prix du gaz naturel depuis avril 2023

Après une hausse sur les derniers jours du mois de mars, les prix du gaz poursuivent leur hausse en avril avec un prix de 32,24 €/MWh sur le CAL 25, 29,968 €/MWh sur le CAL 26 et 27,708 €/MWh sur le CAL 27. Néanmoins, cette hausse est contenue, du fait d’i, niveau de stockage confortable et des températures au-dessus de la normale. De son côté, la production éolienne est bonne, ce qui entraîne une baisse des prix (le TTF CAL25 est de nouveau proche de 30 EUR/MWh). Bien que les exportations de GNL en provenance des États-Unis (Freeport) aient diminué, l’approvisionnement total en GNL vers l’Europe semble adéquat. De plus, la demande de gaz industriel reste faible et la demande de chauffage résidentiel continuera à décroître dans les mois à venir.

En parallèle, les experts indiquent que l’évolution future du marché sera fortement influencée par le comportement des investisseurs. Les prix du gaz ont augmenté en mars en raison des tensions géopolitiques, des prévisions météorologiques et des préoccupations concernant la maintenance des infrastructures de gaz naturel liquéfié aux États-Unis, ce qui a entraîné une forte corrélation avec les prix du carbone.

Quelles sont les évolutions de la facture de gaz au 1er avril 2024 ?

À partir du 1er avril 2024, plusieurs changements majeurs sont survenus sur le marché du gaz, impactant directement votre facture :

  1. Consommation annuelle de Référence (CAR) : basée sur les consommations réelles de l’année précédente, la CAR est entrée en vigueur le 1er avril, influençant ainsi votre estimation annuelle de la quantité de gaz consommée.
  2. Profil de consommation : Du P11 au P19, votre profil de consommation permet de différencier vos habitudes de consommation entre les saisons estivales et hivernales.
  3. Tarifs des réseaux de transports : Les tarifs de transports, couvrant les investissements et l’utilisation des infrastructures du réseau, ont augmenté cette année pour GRTgaz et Téréga.
  4. Terme tarifaire de stockage : En revanche, le terme tarifaire de stockage a connu une forte baisse, passant à 139,07€/MWh/j/an à partir du 1er avril 2024, comparé à 186,70€/MWh/j/an en 2023. Cette contribution complète les recettes des ventes aux enchères de stockage et finance les activités de stockage de gaz naturel en France.

En conséquence, trois autres changements sont survenus : les frais de stockage sont affectés par la CAR, tout comme l’abonnement (terme mensuel d’acheminement) et la contribution tarifaire d’acheminement. Ces modifications sont importantes à prendre en compte pour comprendre les ajustements de votre facture de gaz et anticiper leurs impacts sur votre budget énergétique.

Perspectives d’évolution du prix du gaz en 2024

Nouveau tarif ATRD7 : une hausse prévue en juillet 2024

La Commission de régulation de l’énergie a annoncé une hausse du tarif d’utilisation du réseau de gaz pour financer l’entretien et les nouvelles infrastructures nécessaires au développement du biométhane. Le nouveau tarif ATRD7 s’appliquera aux réseaux de distribution de gaz naturel de GRDF à partir du 1er juillet 2024, pour une durée de quatre ans. Cette hausse aura un impact sur la facture du consommateur résidentiel à partir du 1er juillet 2024, entre 5,5% et 10,4%. L’impact sur les entreprises n’a pas encore été évalué.

Hausse de la TICGN depuis le 1er janvier 2024

Gelée depuis 2019, la TICGN voit son taux augmenter pour passer de 8,37€/MWh à 16,37€/MWh, soit presque le double. Cette augmentation fait suite à un rattrapage du planning initial du gouvernement pour la hausse de cette taxe. En effet, depuis 2016, un calendrier de hausse de cette taxe avait été élaboré, avec une hausse progressive de la TICGN chaque année. Or, avec la crise des gilets jaunes en 2019, les hausses programmées ont été gelées. Ce gel était encore en vigueur l’an dernier, et prend donc fin cette année.

Pourquoi la facture de gaz  des entreprises augmente en 2024 malgré la baisse des prix ?

Il semble paradoxal que les prix du gaz aient baissé depuis janvier 2024, alors que vos factures continuent d’augmenter. Mais pourquoi cette apparente contradiction ? En réalité, la baisse des prix du gaz est compensée par une augmentation des taxes, notamment la Taxe Intérieure sur la Consommation de Gaz Naturel (TICGN) et le tarif de distribution. Cette hausse des taxes fait suite au dégel de ces deux tarifs, résultant de la fin des boucliers tarifaires.

Évolution du prix repère de la CRE en 2024 :

Le prix repère de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a été introduit pour remplacer le tarif réglementé du gaz d’ENGIE à partir du 1er juillet 2023. Il sert de référence pour établir les tarifs proposés par les fournisseurs de gaz, mais ne constitue pas une offre en soi. 

 

MoisÉvolution du prix repère
août-232,10%
sept-23-2,24%
oct-2313,46%
nov-234,93%
déc-236,36%
janv-24-4%
févr-24-1,40%

On constate ainsi une baisse des prix du gaz en janvier et en février 2024. Cependant, cette baisse sur la facture est annulée par l’augmentation des taxes. Dans ce contexte, bien comprendre les fluctuations du marché du gaz et les mécanismes réglementaires qui les accompagnent peuvent aider à mieux anticiper l’impact sur les dépenses énergétiques.

Comment les prix du GNL évoluent en 2024

Un premier trimestre en baisse, malgré quelques volatilités en mars

Avec une moyenne sur le TTF CAL 25 de 31,36€/MWh, les prix du gaz ont été dans une tendance baissière sur le premier trimestre de l’année. Pour autant, les hausses du prix du charbon et du pétrole ont impacté les prix à la hausse sur mars. Les fondamentaux du marché demeurent solides, notamment avec un niveau historiquement élevé des stocks. Cependant, les attaques russes contre les infrastructures de stockage en Ukraine suscitent des inquiétudes.

 

Evolution du prix du gaz naturel en 2024 (en €_MWh)

 

Rappel des évolutions du prix du gaz naturel en 2023

 

Entre mars et juin 2023, une stabilisation des prix du gaz naturel autour des 50 euros/MWh

 

 

Evolution prix gaz naturel janvier 2023

 

Le prix du gaz naturel est de 45,678€/MWh pour l’année de livraison 2024 (43,058€/MWh pour 2025). Ce tarif correspond à une baisse de 14% entre le 17 octobre et le 17 novembre 2023.  Cette baisse du prix du gaz s’explique par des températures chaudes qui limitent la demande, des livraisons en GNL suffisamment importantes pour approvisionner l’Europe et préparer les stocks pour l’hiver prochain. Les spécialistes évoquent un stockage à 100% des capacités à la fin août. L’approvisionnement en gaz norvégien est également à pleine capacité.

 

Une maintenance en Norvège en juin 2023 réduit les volumes de gaz disponibles

 

 

Evolution prix gaz naturel juillet 2023 (en €_MWh)

 

Durant le mois de juin, une maintenance sur les terminaux norvégiens a réduit les volumes de gaz naturel disponibles en Europe, occasionnant une augmentation de 23% pour 2024 au cours du mois. Néanmoins, le prix spot du gaz naturel est toujours inférieur au prix annuel, ce qui favorise le stockage. En effet, le niveau de stockage est aujourd’hui à 80% en Europe, et devrait atteindre les 100% d’ici novembre. Pour 2025, le prix du gaz naturel est de 43,33€/MWh, soit une hausse de 11% sur le mois.

Au cours du mois de juillet 2023, le prix du gaz naturel a oscillé entre 48€ et 53€/MWh pour l’année 2024, et entre 41€ à 46€/MWh.  Cette stabilisation démontre une période d’attente durant cette période estivale, et devrait prendre fin début septembre, avec la reprise d’activité. De plus, l’approche de l’hiver 2023-2024 devrait influencer les cours des prix du gaz naturel, selon la capacité de l’Europe à répondre à la demande énergétique.

 

Une stabilisation des prix du gaz naturel durant l’été 2023

 

Evolution prix gaz naturel janvier octobre 2023 (en €_MWh) (7)

 

Au cours de la période estivale, le prix du gaz naturel pour l’année de livraison 2024 s’est stabilisé à 45,711€/MWh au 2 octobre 2023. Cette stabilisation correspond à une demande réduite durant la période estivale, couplée à une bonne livraison de GNL en Europe et une bonne production des EnR. Pour l’année de livraison 2025, le prix du gaz naturel s’établit à 43,446€, soit un prix relativement stable depuis la mi-juin. Les grèves en Australie et les maintenances en Norvège ont eu un impact réduit et limité dans le temps sur le prix du gaz naturel en France.

 

Le dernier trimestre 2023 : un marché du gaz très volatile avec les tensions géopolitiques

Plusieurs perturbations sont arrivées sur le marché du gaz naturel, occasionnant une hausse de 27% entre le 5 et le 13 octobre. En cause, il y a :

  • Le déclenchement d’une guerre entre Israël et la bande de Gaza. Cette nouvelle impacte le marché du pétrole, et donc par extension, le transport des volumes de GNL et le marché de l’électricité. Des installations gazières israéliennes ont notamment été fermées par mesure de sécurité ;
  • l’explosion d’un gazoduc, le balticconnector, entre la Finlande et l’Estonie, lié possiblement à un sabotage. Cette découverte jette un froid sur la sécurité des installations européennes de transport de gaz naturel, et réduit par la même occasion les volumes disponibles ;
  • la reprise des grèves en Australie, au sein des sites GNL détenus par Chevron. Des baisses de volumes disponibles sont à craindre.

Néanmoins, début novembre, des fondamentaux très positifs ont permis de retrouver des niveaux tarifaires comparables au niveau de début octobre. Entre le 23 octobre 2023 et le 3 novembre 2023, le prix de l’électricité pour 2024 a baissé de 12%. Cette baisse est liée à des niveaux de stock européens de gaz naturel rempli à 99,55%, couplée à des températures douces pour la saison et un afflux important en LNG. Pour l’année 2025, le prix a baissé de 6% sur cette même période, pour atteindre 49,236€/MWh.