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Tendance marché du charbon en 2025

Alors que le monde s’efforce de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, et face à des prix de l’électricité et du gaz naturel volatils, le charbon demeure une composante majeure du mix énergétique mondial en 2025. Malgré une croissance soutenue des énergies renouvelables, la demande mondiale de charbon a atteint un niveau record en 2024, avec 8,77 milliards de tonnes consommées. Cette tendance met en lumière les défis persistants de la transition énergétique, notamment dans les économies émergentes.

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Quel est le prix de la tonne de charbon en 2025 ?

Le charbon, essentiel pour la production d’électricité (charbon thermique) et pour la sidérurgie (charbon métallurgique ou « coke »), a vu ses cours évoluer de manière divergente en 2025. 

De puis cet été le marché du charbon oscille entre record de hausse et de baisse. Après un pic en juillet proche des 115 USD/tonne , le cours atteignait son plus bas niveau à la mi-octobre en plongeant sous la barre des 90 $/t.

En novembre 2025, les prix du charbon ont franchi la barre des 110 dollars la tonne, flirtant avec leurs plus hauts niveaux depuis la fin août. Cette hausse intervient malgré un recul des importations en Asie, un signal habituellement baissier. Les investisseurs misent sur de nouvelles mesures de relance en Chine, premier consommateur mondial, après les annonces du ministre des Finances Lan Foan sur un renforcement durable de la politique budgétaire.
Le charbon thermique se maintient autour de 104 dollars la tonne, évoluant dans une fourchette étroite mais solide, porté par une demande mondiale encore robuste.

La dynamique est aussi alimentée par un phénomène structurel : une dépendance persistante au charbon dans plusieurs économies asiatiques et européennes, face à une production électrique intermittente et à la montée en puissance de la consommation énergétique des centres de données.

Cours du prix de la tonne de charbon

Tonne de charbon

Actualités du marché du charbon thermique (production d’électricité)

Les importations thermiques asiatiques ont fortement chuté début 2025. On constate notamment une baisse marquée des achats chinois (de ~30–35 Mt en août–déc. 2024 à ~23 Mt en avril 2025) et un fléchissement au Japon, tandis que les importations indiennes ont seulement recommencé à croître récemment. 

Cette contraction de la demande asiatique a accentué la pression à la baisse sur les cours mondiaux du charbon thermique. En Chine, premier consommateur mondial, les importations cumulées de janvier à avril 2025 (91,56 Mt) sont en recul de 13,1 % sur un an. Ce repli s’explique par un essor de la production domestique de charbon (record historique de 440,58 Mt en mars 2025, +9,6 % sur un an) et par une moindre production d’électricité thermique (–4,7 % au T1 2025) au profit des énergies renouvelables et de l’hydroélectricité.

La conséquence a été une chute des prix importés. Le charbon australien à destination de la Chine est tombé à 69,98 USD/t la première semaine de mai 2025, son plus bas niveau depuis 2021, soit –22,5 % par rapport au pic d’octobre 2024 (90,29 USD/t). De même, l’Indonésien 4 200 kcal a atteint 48,42 USD/t début mai, son plus bas niveau en quatre ans. Au total, le charbon thermique a reculé d’environ 20 % depuis le début de 2025. En France et en Europe, le recul de la demande (lié à la sortie progressive du charbon et aux politiques climatiques) contribue également à maintenir les prix bas.

Actualités du marché du charbon métallurgique (sidérurgie)

Contrairement au thermique, le charbon métallurgique (ou coke) n’a pas vu ses cours s’effondrer en 2025. Après avoir atteint environ 206 USD/t début janvier sur le SGX, les prix du coke ont reculé durant l’hiver pour se situer autour de 181 USD/t mi-mars. 

Puis, début avril, le cours est remonté à ~186 USD. Cette légère reprise en avril s’explique en partie par des perturbations d’offre en Australie : des pluies abondantes ont réduit la production de mines du Queensland.

Sur la demande, le marché du coke reste plus équilibré. L’Inde, deuxième producteur mondial d’acier, maintient une demande soutenue de coke malgré des quotas sur certains importations. La Chine a au contraire freiné ses achats en raison d’un plan de production sidérurgique plus modeste et de taxes réciproques sur les importations (notamment un tarif de 15 % sur le coke américain imposé début 2025).

Les États-Unis étendent la liste des minéraux critiques

Aux États-Unis, l’administration Trump a ajouté le charbon métallurgique — utilisé pour la production d’acier — à la liste des minéraux critiques. Une décision stratégique visant à réduire la dépendance vis-à-vis des importations chinoises et à soutenir l’exploitation minière nationale. Cette révision concerne également le cuivre, l’uranium, le silicium, le plomb, ou encore le bore et le phosphate.

Cette nouvelle classification ouvre la voie à :

  • des investissements fédéraux accrus,
  • des procédures d’autorisation accélérées,
  • et un signal fort aux industriels pour renforcer les chaînes d’approvisionnement américaines.

L’inclusion du charbon métallurgique reflète aussi la volonté de relancer la filière charbonnière aux États-Unis, malgré les fermetures récentes de mines et la baisse des exportations vers la Chine.

Perspectives : une demande soutenue jusqu’à la prochaine décennie

La Chine a confirmé qu’elle s’appuiera sur le charbon pendant des décennies, avec une demande qui devrait atteindre son pic d’ici 2030. Pékin revient ainsi sur des indications antérieures de transition plus rapide. Cette position influence l’ensemble du marché asiatique, où le charbon demeure un pilier pour sécuriser l’approvisionnement énergétique.

Les perspectives restent toutefois contrastées.

  • Côté demande, l’Inde et la Chine privilégient des qualités moins chères, notamment en provenance d’Indonésie, tandis que le Japon et la Corée du Sud réduisent temporairement leurs achats.
  • Côté offre, l’abondance du charbon thermique australien limite toute flambée durable des prix.

À moyen terme, le marché pourrait rester tendu, oscillant entre transition énergétique, besoins industriels et sécurité d’approvisionnement.

Facteurs influençant le prix du charbon en 2025

Une offre mondiale de charbon abondante

La production globale de charbon reste très soutenue. La production indienne et indonésienne continuent de croître (+10 % sur un an au S1 2024), compensant le léger recul chinois. La Banque mondiale prévoit une surabondance d’offre en 2025–2026 et une baisse des cours.

Une demande en repli ou stagnante 

La demande mondiale de charbon plafonne en 2025. Après une hausse record en 2023, l’IEA anticipe une stagnation/diminution de la demande en 2025 sous l’effet combiné de la croissance des énergies renouvelables et du retour de la production hydroélectrique en Chine. 

En Europe et aux États-Unis, la demande thermique reste structurellement en baisse. Néanmoins, on note un recours accru au charbon début 2025 aux États-Unis et en Europe (É.-U. +23 % de production charbon Q1 2025 vs Q1 2024, Europe +6 %) dû à la hausse des cours du gaz. 

Les politiques climatiques et transition énergétique

Les politiques de décarbonation réduisent le charbon dans le mix électrique. En Europe, la sortie du charbon s’accélère. Les mécanismes de marché (taxe carbone…) et la priorité aux renouvelables plus locales diminuent progressivement la demande d’électricité charbonnée, ce qui exerce un effet structurel baissier sur les cours. 

Production industrielle et sidérurgie toujours en demande de coke 

Le secteur sidérurgique influence la demande de coke. La stabilité relative des cours du charbon métallurgique s’explique par la situation en acier : après un surplus en 2022, les marchés se sont ajustés. Ces dynamiques industrielles expliquent en partie pourquoi les prix du coke sont restés élevés tandis que la demande thermique (électricité) fléchissait.

Tensions géopolitiques et commerciales 

Les décisions politiques internationales, notamment les sanctions contre la Russie et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, ont modifié les flux d’exportation et d’importation de charbon. Les sanctions ont redirigé les exportations russes vers la Chine, l’Inde et la Turquie, augmentant l’offre en Asie et maintenant les prix mondiaux bas, surtout pour le charbon thermique.

De leur côté, les taxes chinoises sur le coke américain ont interrompu ces échanges et forcé la Chine à chercher d’autres fournisseurs. Ces changements ont équilibré l’offre et la demande de coke, limitant les augmentations de prix, mais ont aussi accru l’incertitude sur les échanges mondiaux.

Perspectives du marché du charbon pour 2025

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une stabilisation ou une baisse de la demande mondiale de charbon d’ici 2027. Les économies avancées devraient principalement porter ce recul, selon les projections.

En revanche, la demande de charbon métallurgique resterait solide, tirée par les besoins en acier des pays en développement. L’AIE identifie trois zones clés où la consommation de charbon pourrait continuer d’augmenter : l’Inde, l’ASEAN et la Chine.

L’Inde devrait connaître la plus forte hausse, suivie par l’Indonésie, le Vietnam et enfin la Chine

consommation mondiale energie primaire

Historique de l’évolution du prix du charbon

En 2023, l’AIE annonçait un « point de retournement historique » avec un pic de consommation de charbon en perspective. Le ton change en 2024 : la consommation mondiale de charbon progressait encore de 1 %, après +2,4 % en 2023. Pour les trois prochaines années, l’AIE table désormais sur un plateau, légèrement ascendant.

En 2020, la consommation mondiale avait chuté de près de 4 % avec la crise sanitaire. Mais la hausse de 7,7 % en 2021 marque un rebond durable, pas seulement conjoncturel. Entre 2020 et 2027, la tendance restera donc haussière, tirée principalement par la production d’électricité, qui absorbe deux tiers du charbon mondial.

Ce scénario contraste avec la période 2012-2019, où la consommation baissait légèrement avant la crise du COVID.

Comment fonctionne le marché du charbon

Le marché du charbon est structuré autour de deux principales catégories :

  • Charbon thermique : utilisé pour la production d’électricité.
  • Charbon métallurgique : employé dans la fabrication de l’acier.

Les échanges se font principalement via des contrats à long terme, mais le marché spot joue un rôle croissant, influençant la volatilité des prix.

Le charbon reste la première source d’énergie utilisée pour produire de l’électricité (environ 35% de l’électricité mondiale).

Production charbon

Les différents types de charbon

Le charbon est une roche fossile issue de la transformation lente de végétaux enfouis sous terre. Selon son âge, sa profondeur et sa teneur en carbone, il se décline en plusieurs catégories, de qualité croissante.

  • La tourbe
    C’est le stade le plus jeune de la formation du charbon. Faiblement carbonée (environ 50 %), elle est surtout utilisée localement comme combustible ou amendement agricole.
  • Le lignite
    Appelé aussi « houille brune », il contient entre 50 et 60 % de carbone. Il est principalement utilisé dans les centrales électriques proches des gisements, car il est trop humide pour être transporté loin.
  • Le charbon sous-bitumineux
    Plus ancien, il contient entre 60 et 70 % de carbone. Il sert à produire de l’électricité, alimente certaines industries et les cimenteries.
  • Le charbon bitumineux
    Ce charbon de bonne qualité contient entre 70 et 90 % de carbone. On l’utilise comme charbon-vapeur pour produire de l’électricité, ou comme charbon à coke dans la sidérurgie. Ce dernier est chauffé à haute température (1 000°C) sans oxygène pour produire du coke, indispensable à la fabrication de l’acier.
  • L’anthracite
    Le plus pur des charbons, avec plus de 90 % de carbone. Très énergétique, il est surtout utilisé pour le chauffage domestique.

Les charbons sous-bitumineux et bitumineux sont souvent regroupés sous le nom de houille (ou hard coal en anglais), tandis que le lignite est désigné comme houille brune (brown coal).

Où sont les principales réserves de charbon dans le monde ?

Les réserves prouvées désignent les ressources jugées exploitables et rentables avec les technologies actuelles. Fin 2021, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) estimait ces réserves à environ 1 054 milliards de tonnes.

Cinq pays concentrent plus de 75 % des réserves mondiales de charbon :

  • États-Unis : 22 %
  • Russie : 15 %
  • Australie : 14 %
  • Chine : 14 %
  • Inde : 11 %

La Production de charbon dans le monde

La production mondiale de charbon a atteint 8 993 millions de tonnes en 2023, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).  En 2024, elle franchissait pour la première fois la barre des 9 milliards de tonnes (9 068 Mt), un nouveau record historique.

La Chine domine très largement le marché, représentant 51,3 % de la production mondiale en 2023 avec 4 610 Mt. Viennent ensuite :

  • Inde : 11,3 % (1 020 Mt)
  • Indonésie : 8,6 % (775 Mt)
  • États-Unis : 5,8 % (524 Mt)
  • Australie : 5,1 % (459 Mt)
  • Russie : 4,9 % (439 Mt)

Les grands acteurs du marché mondial du charbon

Le marché mondial du charbon repose sur quelques grands producteurs qui concentrent une part décisive de l’offre. La Chine, avec sa compagnie publique China Shenhua Energy, domine la production intérieure et influence directement les équilibres mondiaux par ses décisions d’importation. L’Inde, deuxième producteur mondial, s’appuie sur Coal India Limited, qui couvre plus de 80 % de sa production domestique.

Du côté des groupes miniers privés, plusieurs géants structurent le marché : Glencore (Suisse), BHP (Australie), Peabody Energy (États-Unis) ou encore Adani Group (Inde). Ces sociétés contrôlent d’importants gisements et interviennent sur le marché international, ce qui leur donne un rôle d’« ajusteurs » face aux fluctuations de la demande.

En termes d’exportations, l’Indonésie reste le premier fournisseur mondial de charbon thermique, principalement à destination de la Chine et de l’Inde. L’Australie, quant à elle, est incontournable pour le charbon métallurgique (coke) utilisé dans la sidérurgie. La Russie a redirigé ses flux depuis 2022 vers l’Asie (Chine, Inde, Turquie), tandis que l’Afrique du Sud et la Colombie conservent un rôle d’appoint, notamment pour l’Europe.

Les principaux importateurs se concentrent en Asie : Chine, Inde, Japon et Corée du Sud représentent ensemble plus de 70 % des achats mondiaux. En Europe, les importations reculent structurellement, mais l’Allemagne et la Pologne restent encore dépendantes de cette ressource, surtout en période de tension sur le gaz.

Comment se détermine le prix du charbon ?

Le prix du charbon ne se fixe pas de manière uniforme : il dépend du type de charbon (thermique ou métallurgique), de son origine et de la région où il est négocié. Pour assurer une certaine transparence, le marché s’appuie sur des indices de référence largement utilisés par les producteurs, traders et acheteurs :

  • Newcastle Index (Australie) : référence mondiale pour le charbon thermique exporté d’Australie, utilisé en Asie.
  • API2 (Europe, Rotterdam) : prix du charbon thermique livré en Europe du Nord-Ouest.
  • API4 (Afrique du Sud, Richards Bay) : référence pour les exportations africaines.
  • PLV et HCC : indices australiens pour le charbon métallurgique, utilisés dans la sidérurgie.

Ces indices reflètent le prix « FOB » (Free on Board), c’est-à-dire au port de départ. Mais le coût livré (« CIF ») varie selon les fret maritimes, eux-mêmes très volatils. Le Baltic Dry Index est ainsi un indicateur clé pour suivre l’évolution du coût du transport de vrac sec, dont le charbon.

Le marché fonctionne à deux vitesses :

  • Les contrats de long terme, qui sécurisent l’approvisionnement des grands acheteurs (centrales électriques, sidérurgistes).
  • Le marché spot, de plus en plus influent, où les cargaisons se négocient au comptant, reflétant l’équilibre instantané entre offre et demande.

Enfin, les bourses de matières premières comme le Singapore Exchange (SGX) ou l’ICE à Londres permettent de traiter des contrats à terme (futures). Ces instruments financiers, très utilisés par les traders et les industriels, servent à se couvrir contre la volatilité… mais accentuent aussi parfois les mouvements spéculatifs sur les prix.

FAQ sur le marché du charbon :

Quels sont les principaux pays producteurs de charbon ?

La Chine reste de loin le premier producteur mondial, suivie par l’Inde, l’Indonésie, les États-Unis, l’Australie et la Russie.

Quel est le prix du charbon ?

Le charbon thermique connaît une tendance baissière marquée avec un prix moyen de 96,22 USD/t en avril 2025, en baisse de 4,0 % par rapport à mars. Ce niveau est le plus bas constaté depuis quatre ans.

Quels sont les usages du charbon dans le monde ?

Le charbon est principalement utilisé pour produire de l’électricité (charbon thermique) et de l’acier (charbon métallurgique ou à coke).

La consommation mondiale de charbon va-t-elle baisser ?

Selon l’Agence internationale de l’énergie, la consommation mondiale devrait atteindre un plateau d’ici 2027, avec une baisse attendue dans les pays développés.

Qui sont les plus grands exportateurs de charbon ?

L’Indonésie domine pour le charbon thermique, suivie de l’Australie, de la Russie, de l’Afrique du Sud et de la Colombie. Pour le charbon métallurgique, l’Australie reste le fournisseur incontournable.

Comment se fixe le prix du charbon ?

Les prix sont déterminés par des indices de référence internationaux comme le Newcastle Index (Asie), l’API2 (Europe, Rotterdam) et l’API4 (Afrique du Sud). Ils varient selon la qualité du charbon, le coût du transport maritime et l’équilibre entre offre et demande.

Quelles sont les principales réserves mondiales de charbon ?

Cinq pays concentrent plus de 75 % des réserves : les États-Unis, la Russie, l’Australie, la Chine et l’Inde.