Alors que le monde s’efforce de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, et face à des prix de l’électricité et du gaz naturel qui se stabilisent en ce début d’année, le charbon demeure une composante majeure du mix énergétique mondial en 2026. Malgré une croissance soutenue des énergies renouvelables, la demande mondiale de charbon a atteint un nouveau sommet en 2025, avec près de 8,8 milliards de tonnes consommées. Cette tendance met en lumière les défis persistants de la transition énergétique, notamment dans les économies émergentes d’Asie.
Quel est le prix de la tonne de charbon en 2026 ?
Le charbon, essentiel pour la production d’électricité (charbon thermique) et pour la sidérurgie (charbon métallurgique ou « coke »), connaît un début d’année contrasté après un hiver rigoureux.
Au 16 février 2026, le marché entame une phase de correction technique après le pic hivernal de janvier. Les prix du charbon thermique (Newcastle) redescendent doucement vers 105 dollars la tonne, après avoir atteint 118 USD/t au plus fort de la demande de chauffage en janvier.
Cette accalmie s’explique par la fin de la vague de froid en hémisphère nord et le ralentissement industriel lié aux festivités du Nouvel An lunaire en Chine. Toutefois, le prix plancher reste élevé comparé aux moyennes historiques.
Le charbon thermique se maintient au-dessus des 100 dollars, évoluant dans une fourchette étroite mais solide, porté par une demande indienne mondiale encore robuste. La dynamique est aussi alimentée par un phénomène structurel : une dépendance persistante au charbon dans plusieurs économies asiatiques, face à une production électrique intermittente et à la montée en puissance continue de la consommation énergétique des centres de données.
Cours du prix de la tonne de charbon
Actualités du marché du charbon thermique (production d’électricité)
En ce début 2026, la dynamique s’inverse par rapport à l’an passé. Si la Chine a puisé dans ses stocks records constitués fin 2025, l’Inde prend le relais comme moteur de la demande spot. Avec des vagues de chaleur précoces annoncées pour mars sur le sous-continent indien, les utilitaires (centrales) anticipent leurs achats.
En Chine, premier consommateur mondial, la production domestique reste la priorité. La production chinoise s’est maintenue à des niveaux très élevés tout au long de 2025, saturant partiellement le marché local.
Côté prix, l’écart se resserre. Le charbon australien de haute qualité (6000 kcal) se négocie autour de 105-108 USD/t, tandis que l’Indonésien (4200 kcal) reste compétitif vers 52 USD/t, attirant les acheteurs d’Asie du Sud-Est. En France et en Europe, le recul de la demande est désormais structurel, les stocks étant suffisants pour terminer l’hiver sans tensions.
Actualités du marché du charbon métallurgique (sidérurgie)
Contrairement au thermique, le charbon métallurgique (ou coke) montre des signes de reprise en février 2026. Le cours du charbon à coke australien remonte vers les 215 USD/t. Cette hausse est portée par la reprise de l’activité des aciéries chinoises après les congés et par l’optimisme lié aux projets d’infrastructures en Inde.
Sur la demande, le marché du coke reste tendu. L’Inde, désormais solidement installée comme deuxième producteur mondial d’acier, maintient une demande soutenue. La Chine reste opportuniste, profitant de toute baisse de prix pour stocker, malgré les taxes réciproques sur les importations (notamment un tarif de 15 % sur le coke américain imposé l’an dernier).
Les États-Unis étendent la liste des minéraux critiques
Aux États-Unis, l’administration Trump a ajouté depuis un an le charbon métallurgique utilisé pour la production d’acier à la liste des minéraux critiques. Une décision stratégique qui commence à porter ses fruits pour réduire la dépendance vis-à-vis des importations chinoises et à soutenir l’exploitation minière nationale.
Les premiers effets de cette classification se font sentir en 2026 avec :
- des investissements fédéraux accrus dans les bassins miniers de Virginie-Occidentale,
- des procédures d’autorisation accélérées pour deux nouvelles extensions de mines,
- et un signal fort aux industriels pour renforcer les chaînes d’approvisionnement américaines.
L’inclusion du charbon métallurgique reflète aussi la volonté persistante de relancer la filière charbonnière aux États-Unis, malgré la baisse des exportations vers la Chine.
Perspectives : une demande soutenue jusqu’à la prochaine décennie
La Chine a confirmé qu’elle s’appuiera sur le charbon pendant des décennies, avec une demande qui devrait atteindre son pic d’ici 2028-2030. Pékin revient ainsi sur des indications antérieures de transition plus rapide. Cette position influence l’ensemble du marché asiatique, où le charbon demeure un pilier pour sécuriser l’approvisionnement énergétique.
Les perspectives restent toutefois contrastées pour 2026.
- Côté demande, l’Inde devient le principal moteur de croissance, privilégiant des qualités moins chères en provenance d’Indonésie.
- Côté offre, l’abondance du charbon thermique australien limite toute flambée durable des prix au-delà de 130 USD/t.
À moyen terme, le marché pourrait rester tendu, oscillant entre transition énergétique, besoins industriels et sécurité d’approvisionnement.
Facteurs influençant le prix du charbon en 2026
Une offre mondiale de charbon abondante
La production globale de charbon reste très soutenue. La production indienne et indonésienne continuent de croître à un rythme soutenu, compensant le léger recul chinois observé sur certains mois. La Banque mondiale prévoit une surabondance d’offre en 2026–2027 et une pression baissière modérée sur les cours.
Une demande en repli ou stagnante
La demande mondiale de charbon plafonne en 2026. Après le record de 2025, l’IEA anticipe une stagnation/diminution de la demande cette année sous l’effet combiné de la croissance exponentielle des énergies renouvelables et du retour de la production hydroélectrique en Chine. En Europe et aux États-Unis, la demande thermique reste structurellement en baisse. Les pics de consommation ne sont plus que liés aux aléas climatiques extrêmes.
Les politiques climatiques et transition énergétique
Les politiques de décarbonation réduisent le charbon dans le mix électrique. En Europe, la sortie du charbon s’accélère avec la fermeture de nouvelles unités prévue en 2026. Les mécanismes de marché (taxe carbone…) et la priorité aux renouvelables plus locales diminuent progressivement la demande d’électricité charbonnée, ce qui exerce un effet structurel baissier sur les cours.
Production industrielle et sidérurgie toujours en demande de coke
Le secteur sidérurgique influence la demande de coke. La reprise industrielle indienne soutient les prix du coke en 2026, compensant la morosité immobilière chinoise.
Tensions géopolitiques et commerciales
La fragmentation du marché se confirme. Les flux russes sont désormais totalement réorientés vers l’Asie (Chine, Inde, Turquie). De leur côté, les taxes chinoises sur le coke américain restent en vigueur, figeant les nouvelles routes commerciales. Ces changements ont équilibré l’offre et la demande de coke, mais accroissent la volatilité.
Perspectives du marché du charbon pour 2025
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une stabilisation ou une baisse de la demande mondiale de charbon d’ici 2027. Les économies avancées devraient principalement porter ce recul, selon les projections.
En revanche, la demande de charbon métallurgique resterait solide en 2026, tirée par les besoins en acier des pays en développement. L’AIE identifie trois zones clés où la consommation de charbon pourrait continuer d’augmenter : l’Inde, l’ASEAN et la Chine (bien que cette dernière ralentisse).
L’Inde devrait connaître la plus forte hausse, suivie par l’Indonésie, le Vietnam et enfin la Chine
Historique de l’évolution du prix du charbon
En 2023, l’AIE annonçait un « point de retournement historique » avec un pic de consommation de charbon en perspective. Le ton change en 2025 : la consommation mondiale de charbon progressait encore de 1 %, après +2,4 % en 2023. Pour les trois prochaines années, l’AIE table désormais sur un plateau, légèrement ascendant.
En 2020, la consommation mondiale avait chuté de près de 4 % avec la crise sanitaire. Mais la hausse de 7,7 % en 2021 marque un rebond durable, pas seulement conjoncturel. Entre 2020 et 2027, la tendance restera donc haussière, tirée principalement par la production d’électricité, qui absorbe deux tiers du charbon mondial.
Ce scénario contraste avec la période 2012-2019, où la consommation baissait légèrement avant la crise du COVID.
Comment fonctionne le marché du charbon
Le marché du charbon est structuré autour de deux principales catégories :
- Charbon thermique : utilisé pour la production d’électricité.
- Charbon métallurgique : employé dans la fabrication de l’acier.
Les échanges se font principalement via des contrats à long terme, mais le marché spot joue un rôle croissant, influençant la volatilité des prix.
Le charbon reste la première source d’énergie utilisée pour produire de l’électricité (environ 35% de l’électricité mondiale).

Les différents types de charbon
Le charbon est une roche fossile issue de la transformation lente de végétaux enfouis sous terre. Selon son âge, sa profondeur et sa teneur en carbone, il se décline en plusieurs catégories, de qualité croissante.
- La tourbe
C’est le stade le plus jeune de la formation du charbon. Faiblement carbonée (environ 50 %), elle est surtout utilisée localement comme combustible ou amendement agricole. - Le lignite
Appelé aussi « houille brune », il contient entre 50 et 60 % de carbone. Il est principalement utilisé dans les centrales électriques proches des gisements, car il est trop humide pour être transporté loin. - Le charbon sous-bitumineux
Plus ancien, il contient entre 60 et 70 % de carbone. Il sert à produire de l’électricité, alimente certaines industries et les cimenteries. - Le charbon bitumineux
Ce charbon de bonne qualité contient entre 70 et 90 % de carbone. On l’utilise comme charbon-vapeur pour produire de l’électricité, ou comme charbon à coke dans la sidérurgie. Ce dernier est chauffé à haute température (1 000°C) sans oxygène pour produire du coke, indispensable à la fabrication de l’acier. - L’anthracite
Le plus pur des charbons, avec plus de 90 % de carbone. Très énergétique, il est surtout utilisé pour le chauffage domestique.
Les charbons sous-bitumineux et bitumineux sont souvent regroupés sous le nom de houille (ou hard coal en anglais), tandis que le lignite est désigné comme houille brune (brown coal).
Où sont les principales réserves de charbon dans le monde ?
Les réserves prouvées désignent les ressources jugées exploitables et rentables avec les technologies actuelles. Fin 2021, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) estimait ces réserves à environ 1 054 milliards de tonnes.
Cinq pays concentrent plus de 75 % des réserves mondiales de charbon :
- États-Unis : 22 %
- Russie : 15 %
- Australie : 14 %
- Chine : 14 %
- Inde : 11 %
La Production de charbon dans le monde
La production mondiale de charbon a atteint 8 993 millions de tonnes en 2023, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En 2024, elle franchissait pour la première fois la barre des 9 milliards de tonnes (9 068 Mt), un nouveau record historique.
La Chine domine très largement le marché, représentant 51,3 % de la production mondiale en 2023 avec 4 610 Mt. Viennent ensuite :
- Inde : 11,3 % (1 020 Mt)
- Indonésie : 8,6 % (775 Mt)
- États-Unis : 5,8 % (524 Mt)
- Australie : 5,1 % (459 Mt)
- Russie : 4,9 % (439 Mt)
Les grands acteurs du marché mondial du charbon
Le marché mondial du charbon repose sur quelques grands producteurs qui concentrent une part décisive de l’offre. La Chine, avec sa compagnie publique China Shenhua Energy, domine la production intérieure et influence directement les équilibres mondiaux par ses décisions d’importation. L’Inde, deuxième producteur mondial, s’appuie sur Coal India Limited, qui couvre plus de 80 % de sa production domestique.
Du côté des groupes miniers privés, plusieurs géants structurent le marché : Glencore (Suisse), BHP (Australie), Peabody Energy (États-Unis) ou encore Adani Group (Inde). Ces sociétés contrôlent d’importants gisements et interviennent sur le marché international, ce qui leur donne un rôle d’« ajusteurs » face aux fluctuations de la demande.
En termes d’exportations, l’Indonésie reste le premier fournisseur mondial de charbon thermique, principalement à destination de la Chine et de l’Inde. L’Australie, quant à elle, est incontournable pour le charbon métallurgique (coke) utilisé dans la sidérurgie. La Russie a redirigé ses flux depuis 2022 vers l’Asie (Chine, Inde, Turquie), tandis que l’Afrique du Sud et la Colombie conservent un rôle d’appoint, notamment pour l’Europe.
Les principaux importateurs se concentrent en Asie : Chine, Inde, Japon et Corée du Sud représentent ensemble plus de 70 % des achats mondiaux. En Europe, les importations reculent structurellement, mais l’Allemagne et la Pologne restent encore dépendantes de cette ressource, surtout en période de tension sur le gaz.
Comment se détermine le prix du charbon ?
Le prix du charbon ne se fixe pas de manière uniforme : il dépend du type de charbon (thermique ou métallurgique), de son origine et de la région où il est négocié. Pour assurer une certaine transparence, le marché s’appuie sur des indices de référence largement utilisés par les producteurs, traders et acheteurs :
- Newcastle Index (Australie) : référence mondiale pour le charbon thermique exporté d’Australie, utilisé en Asie.
- API2 (Europe, Rotterdam) : prix du charbon thermique livré en Europe du Nord-Ouest.
- API4 (Afrique du Sud, Richards Bay) : référence pour les exportations africaines.
- PLV et HCC : indices australiens pour le charbon métallurgique, utilisés dans la sidérurgie.
Ces indices reflètent le prix « FOB » (Free on Board), c’est-à-dire au port de départ. Mais le coût livré (« CIF ») varie selon les fret maritimes, eux-mêmes très volatils. Le Baltic Dry Index est ainsi un indicateur clé pour suivre l’évolution du coût du transport de vrac sec, dont le charbon.
Le marché fonctionne à deux vitesses :
- Les contrats de long terme, qui sécurisent l’approvisionnement des grands acheteurs (centrales électriques, sidérurgistes).
- Le marché spot, de plus en plus influent, où les cargaisons se négocient au comptant, reflétant l’équilibre instantané entre offre et demande.
Enfin, les bourses de matières premières comme le Singapore Exchange (SGX) ou l’ICE à Londres permettent de traiter des contrats à terme (futures). Ces instruments financiers, très utilisés par les traders et les industriels, servent à se couvrir contre la volatilité… mais accentuent aussi parfois les mouvements spéculatifs sur les prix.
FAQ sur le marché du charbon :
Quels sont les principaux pays producteurs de charbon ?
La Chine reste de loin le premier producteur mondial, suivie par l’Inde, l’Indonésie, les États-Unis, l’Australie et la Russie.
Quel est le prix du charbon ?
Le charbon thermique connaît une tendance baissière marquée avec un prix moyen de 96,22 USD/t en avril 2025, en baisse de 4,0 % par rapport à mars. Ce niveau est le plus bas constaté depuis quatre ans.
Quels sont les usages du charbon dans le monde ?
Le charbon est principalement utilisé pour produire de l’électricité (charbon thermique) et de l’acier (charbon métallurgique ou à coke).
La consommation mondiale de charbon va-t-elle baisser ?
Selon l’Agence internationale de l’énergie, la consommation mondiale devrait atteindre un plateau d’ici 2027, avec une baisse attendue dans les pays développés.
Qui sont les plus grands exportateurs de charbon ?
L’Indonésie domine pour le charbon thermique, suivie de l’Australie, de la Russie, de l’Afrique du Sud et de la Colombie. Pour le charbon métallurgique, l’Australie reste le fournisseur incontournable.
Comment se fixe le prix du charbon ?
Les prix sont déterminés par des indices de référence internationaux comme le Newcastle Index (Asie), l’API2 (Europe, Rotterdam) et l’API4 (Afrique du Sud). Ils varient selon la qualité du charbon, le coût du transport maritime et l’équilibre entre offre et demande.
Quelles sont les principales réserves mondiales de charbon ?
Cinq pays concentrent plus de 75 % des réserves : les États-Unis, la Russie, l’Australie, la Chine et l’Inde.





