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Quel est l’état du parc nucléaire français en 2026 ?

Après deux années difficiles marquées par des problèmes de corrosion, le parc nucléaire français a retrouvé un niveau de production satisfaisant depuis fin 2023. En janvier 2026, la France dispose de 57 réacteurs nucléaires répartis sur 18 centrales, qui assurent environ 65 à 67% de la production d’électricité nationale. Source d’énergie majoritaire, la filière nucléaire doit aujourd’hui relever plusieurs défis : répondre à la demande croissante d’électricité, assurer la continuité d’approvisionnement et gérer le vieillissement du parc.

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Ces problèmes ont mis en péril la filière de production d’électricité pendant l’hiver 2022-2023, car les niveaux de demandes avaient dépasser les capacités de production de la France.  Une telle situation a entrainer une hausse à court et moyen terme du prix de l’énergie. En 2025, le parc nucléaire français a produit 373 TWh, confirmant le redressement de la filière.

A retenir :

  • En janvier 2026, 49 réacteurs sur 57 sont connectés au réseau, contre seulement 45 en décembre 2024.
  • La production nucléaire a atteint 373 TWh en 2025, soit une hausse de 3,1% par rapport à 2024.
  • L’EPR de Flamanville a atteint 100% de sa puissance le 14 décembre 2025, devenant le réacteur le plus puissant de France avec 1 650 MW.
  • EDF vise une production de 400 TWh d’ici 2030, avec des prévisions de 350 à 370 TWh pour 2026-2027.

La France possède 18 centrales nucléaires et 56 réacteurs à REP (réacteur à eau pressurisée) en exploitation, plus l’EPR de Flamanville qui a atteint 100% de sa puissance en décembre 2025. Un réacteur REP utilise de l’eau sous haute pression comme modérateur pour ralentir les neutrons et comme caloporteur pour transférer la chaleur générée par la fission à un générateur de vapeur.

Combien de réacteurs nucléaires sont en fonctionnement en France en 2026 ?

En janvier 2026, la situation du parc nucléaire s’est nettement améliorée. Selon les données de RTE du 14 janvier 2026, 42 réacteurs nucléaires sont entièrement disponibles, 12 réacteurs sont partiellement disponibles et seulement 3 sont complètement à l’arrêt. Cette amélioration spectaculaire contraste avec décembre 2024, où 45 réacteurs étaient opérationnels à 100%, 3 partiellement disponibles et 8 entièrement arrêtés.

Pour ces derniers arrêts, il s’agit principalement de maintenances programmées dans le cadre du grand carénage. La production nucléaire est bien repartie en 2023 et se poursuit en 2025-2026 avec la fin progressive des maintenances liées aux problématiques de corrosion.

Bon à savoir : En janvier 2026, le parc nucléaire a atteint une capacité de production supérieure à 56 GW, un niveau inédit depuis 2019. Cette performance permet à la France d’aborder l’hiver dans de meilleures conditions.

Evolution de la production nucléaire en France depuis 2022
Evolution de la production nucléaire en France depuis 20221

EDF a produit 373 TWh en 2025, dépassant les prévisions initiales de 365 à 375 TWh révisées en octobre 2025. Cette performance s’appuie sur une meilleure disponibilité des réacteurs grâce au plan d’action START 2025, qui vise à améliorer l’efficacité opérationnelle du programme de maintenance.

Parallèlement, la production électrique française a atteint 544 TWh en 2025, en hausse de 1% par rapport à 2024. Ce redressement s’explique par la bonne disponibilité des réacteurs en fonctionnement, des arrêts de tranche bien maîtrisés et une forte modulation. En 2025, la France a battu son record d’exportation d’électricité avec un solde net de 92,3 TWh, dépassant le précédent record de 89 TWh établi en 2024.

Quelle est la situation du parc nucléaire français ?

Comment fonctionne une centrale nucléaire ?

Les centrales nucléaires actuelles se basent sur la fission nucléaire pour créer de la vapeur à haute pression. Cette force permet de faire tourner une turbine et de créer de l’électricité. Pour contrôler la réaction et contrôler la production de chaleur, les centrales nucléaires doivent être placées à proximité de cours d’eau.

Principe de fonctionnement d’une centrale nucléaire avec aéroréfrigérant2

La vapeur créée par la fission dans le cœur du réacteur est contenue dans un circuit fermé, le circuit secondaire. Cette vapeur permet de faire tourner une turbine reliée à un alternateur. Cet alternateur, une fois en mouvement, permet de créer de l’électricité. Cette électricité est ensuite acheminée par le réseau de transport vers les zones de consommation.

La vapeur, une fois passée par la turbine, doit être refroidie pour pouvoir produire à nouveau de la vapeur au contact de la chaleur du circuit primaire. Le circuit de refroidissement achemine l’eau chaude issue du condenseur vers l’aéroréfrigérant. Cette installation utilise l’air ambiant et le vent pour refroidir l’eau. La chaleur dégagée se disperse sous forme de vapeur dans l’atmosphère.

Où se situe la France parmi les producteurs d’électricité nucléaire ?

En 2026, la France compte 57 réacteurs nucléaires répartis en 4 familles de puissance différente. Parmi ces réacteurs, on distingue les paliers 900 MWe, 1300 MWe, 1450 MWe et désormais le nouveau réacteur EPR de 1650 MWe.

Type de réacteurs nucléairesNombre de réacteurs de cette famille en France
900 MWe32
1300 MWe20
1450 MWe4
1650 MWe1

Quels sont les principaux pays producteurs d’électricité d’origine nucléaire ?

Avec ces installations, la France se place au 2e rang mondial en termes de puissance nucléaire installée avec 63 000 MW, juste derrière les États-Unis (96 952 MW) et devant la Chine (55 278 MW).

RangPaysProduction 2022 en TWh
1Etats-Unis772,2
2Chine395,4
3France282,1
4Russie209,5
5Corée du Sud167,5
6Canada81,7
7Espagne56
8Japon51,9
9Suède50
10Royaume-Uni43,5

Ce niveau de production place l’énergie nucléaire en première place dans le mix énergétique français avec 65 à 67% de la production électrique nationale en 2025-2026, devant l’énergie hydraulique, les énergies renouvelables et l’énergie thermique.

Cette méthode de production d’électricité permet de produire un niveau conséquent d’énergie, de contrôler les niveaux de production à l’inverse des énergies renouvelables, et d’être neutre en rejets de CO2 dans le cadre de la protection de l’environnement.

Les SMR représentent-ils l’avenir du parc nucléaire français ?

Les petits réacteurs modulaires (SMR) pourraient transformer la production d’énergie nucléaire en France. Flexibles, compacts et plus accessibles que les réacteurs traditionnels, ils promettent de s’intégrer dans une transition énergétique ambitieuse.

Une technologie prometteuse

Les SMR, d’une puissance inférieure à 300 MW, offrent une production énergétique adaptée à des besoins locaux ou industriels. Leur modularité, leur coût réduit grâce à une fabrication en série, et leur sécurité accrue en font un atout pour diversifier le mix énergétique.

Défis et opportunités en France

En France, EDF mise sur le projet Nuward pour développer ces technologies. Une deuxième phase d’appels à projets est attendue en 2026 pour consolider la preuve de concept. Cependant, leur compétitivité reste conditionnée à une adoption massive. Ces réacteurs pourraient néanmoins positionner la France comme leader du nucléaire innovant.

Bon à savoir : Le 1er janvier 2026, le programme « Aval du Futur » a été officiellement lancé. Ce projet titanesque de 50 milliards d’euros vise à construire une nouvelle infrastructure à La Hague pour recycler les combustibles usés des futurs réacteurs EPR2, créant 6 000 emplois industriels d’ici 2034.

Un parc nucléaire vieillissant, originaire des années 1980

La majorité des réacteurs en fonction actuellement en France est issue du plan de développement intensif du parc nucléaire dans les années 1980. Ces réacteurs arrivent aujourd’hui au terme de leur durée d’exploitation maximale, établie initialement à 40 ans.

AaZ Les Centrales Nucleaires en France
Les cetrales nucléaires en France

Entre 1976 et 1985, 37 réacteurs ont été mis en service. Ils représentent 66% du parc nucléaire français. Pour y faire face, l’État et EDF ont lancé le plan grand carénage. Ce plan vise à prolonger la durée de vie des réacteurs jusqu’à 50 ans, voire 60 ans pour certains réacteurs.

Grâce à ces travaux de maintenance, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et l’État ont décidé en 2021 d’étendre la durée d’exploitation des centrales de 10 ans, atteignant ainsi 50 ans. En 2026, les quatrièmes visites décennales des réacteurs de 1 300 MW ont commencé, à commencer par la centrale de Paluel en Normandie.

Bon à savoir : EDF envisage d’augmenter la puissance de 11 réacteurs de 900 MWe pour atteindre l’objectif de 400 TWh en 2030. Cette modernisation, appelée « retrofit », permettrait de gagner plusieurs dizaines de mégawatts par réacteur.

Quels sont les défis de sûreté du parc nucléaire ?

Depuis 2020, l’allongement des durées d’exploitation exige des maintenances et révisions importantes. La crise sanitaire a fortement perturbé le calendrier de maintenance. Par conséquent, EDF a dû replanifier ces opérations entre 2021 et 2023.

Ce nouveau calendrier a mis en évidence des problèmes de corrosion sur les réacteurs les plus récents.

Un problème de corrosion sur les systèmes de sécurité de refroidissement des réacteurs

Les visites de contrôle de l’ASN et les diverses maintenances préventives ont mis en évidence des problèmes de corrosion sur des systèmes de sécurité sur le refroidissement du réacteur. Plus précisément, la corrosion a touché les soudures, sur les coudes des tuyauteries d’injection de sécurité. A long terme, cela entraîne des fissures, préjudiciables dans le bon fonctionnement des installations. Reliés directement au circuit primaire du réacteur et constamment sous contrainte, les coudes concernés ne peuvent pas être remplacés lors du fonctionnement de la centrale. 

EDF phénomène de corrosion sous contrainte
Source : EDF

Cette tuyauterie permet, en cas d’accident, de refroidir dans de bonnes conditions le combustible, et donc de ralentir la fission nucléaire. Ce problème concerne actuellement les familles les plus récentes du parc nucléaire. Au total, près de 12 réacteurs nucléaires sont mis à l’arrêt à cause de cette corrosion. La famille des 900 MW est en cours de contrôle pour vérifier le bon état des installations. A l’heure actuelle, l’ASN n’a pas détecté ce phénomène sur cette famille.

Des défauts significatifs découverts par EDF

Des analyses approfondies sur la corrosion ont révélé une fissure de 23 mm sur le réacteur 1 de la centrale de Penly. L’ASN a précisé que cette fissure, longue de 155 mm, affecte un quart de la circonférence de la tuyauterie, dont l’épaisseur est de 27 mm. La fissure met en cause la résistance de la tuyauterie. Des risques de fuite étaient présents.

Après cette découverte, l’ASN a demandé à EDF de réévaluer les fissures sur d’autres réacteurs. Quelques jours plus tard, des fissures ont été trouvées à Penly 2 et Cattenom 3. À Penly 2, la fissure mesure 57 mm de long et 12 mm de profondeur. Celle de Cattenom 3 est de 165 mm de long et 4 mm de profondeur. Ces défauts remettent en cause la performance des tuyauteries et la sécurité des centrales.

Ces découvertes ont porté un coup dur à EDF, augmentant l’incertitude sur la capacité de production du parc nucléaire. En conséquence, le prix de l’électricité a grimpé de 38 % en quatre jours, atteignant 205 €/MWh pour l’année 2024.

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Où en est la centrale de Flamanville en 2026 ?

Depuis 2007, le troisième réacteur de la centrale nucléaire de Flamanville, de type EPR, était en cours de construction. Initialement, sa mise en service était programmée en 2012. Le retard pris par EDF dans la construction de cet EPR a entraîné un surcoût total estimé à 23,7 milliards d’euros selon la Cour des comptes.

L’EPR de Flamanville a-t-il atteint sa pleine puissance ?

Oui ! Le 14 décembre 2025 marque une étape historique : l’EPR de Flamanville a atteint 100% de sa puissance nucléaire à 11h37, produisant 1 669 MW de puissance électrique brute. Cette étape intervient après l’autorisation délivrée par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) le 12 décembre 2025.

Flamanville 3, premier réacteur nucléaire à démarrer depuis 25 ans en France, avait été raccordé au réseau électrique le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard par rapport à la date initialement prévue. Il s’agit du 57e réacteur en France et du plus puissant avec une capacité de 1 650 MW, pouvant alimenter près de deux millions de foyers.

Cette première atteinte des 100% permet de tester les matériels à pleine puissance, réaliser des relevés et vérifier leur bon fonctionnement. Dans les semaines à venir, la puissance du réacteur sera amenée à varier pour poursuivre les essais à différents paliers de puissance.

Bon à savoir : Le premier arrêt du réacteur pour maintenance complète est prévu en septembre 2026, pour une durée de 350 jours. Cette visite permettra de réaliser de nombreux tests après près d’un an de fonctionnement à pleine puissance.

Quelles sont les perspectives pour l’hiver 2025-2026 ?

La France aborde l’hiver 2025-2026 dans de bien meilleures conditions que les années précédentes. Grâce au redressement de son parc nucléaire, la France dispose désormais d’une capacité de production solide.

La semaine dernière, la capacité de production nucléaire en fonctionnement a atteint un niveau inédit depuis 2019, dépassant les 56 gigawatts le 31 décembre 2025. Un renfort bienvenu au moment où une vague de froid, la plus marquée depuis quinze ans, a fait grimper la consommation.

La demande a frôlé les 90 GW en début de semaine, mais devrait se situer entre 80 et 84 GW dans les prochains jours selon RTE. La consommation française reste cependant inférieure d’environ 6% à ses niveaux de la période 2014-2019, un facteur clé pour absorber la pointe hivernale sans tension majeure.

Pour 2026 et 2027, EDF anticipe une production comprise entre 350 et 370 TWh, légèrement inférieure à celle de 2025, en raison de la poursuite du grand carénage. Après les réacteurs de 900 MW, les unités de 1 300 MW sont désormais concernées, à commencer par la centrale de Paluel en Normandie.

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FAQ – Questions fréquentes sur le parc nucléaire français

Combien de réacteurs nucléaires compte la France en 2026 ?

La France dispose de 57 réacteurs nucléaires répartis sur 18 centrales, dont le nouvel EPR de Flamanville qui a atteint sa pleine puissance en décembre 2025.

Quelle est la production nucléaire française en 2025 ?

La production nucléaire française a atteint 373 TWh en 2025, soit une hausse de 3,1% par rapport à 2024. EDF vise 400 TWh d’ici 2030.

Quels sont les principaux défis du parc nucléaire français ?

Les principaux défis sont le vieillissement du parc (la majorité des réacteurs datent des années 1980), la nécessité de maintenances lourdes dans le cadre du grand carénage, et l’adaptation aux énergies renouvelables intermittentes qui nécessitent une modulation accrue de la production nucléaire.

Quelle est la part du nucléaire dans le mix énergétique français ?

Le nucléaire représente entre 65% et 67% de la production d’électricité en France en 2025-2026, ce qui en fait la première source d’énergie du pays.

L’EPR de Flamanville fonctionne-t-il à pleine puissance ?

Oui, depuis le 14 décembre 2025, l’EPR de Flamanville a atteint 100% de sa puissance avec 1 669 MW de production. C’est le réacteur le plus puissant de France.

Quelles sont les prévisions de production pour 2026-2027 ?

EDF prévoit une production nucléaire comprise entre 350 et 370 TWh pour les années 2026 et 2027, en raison de la poursuite des maintenances du grand carénage, notamment sur les réacteurs de 1 300 MW.


  1. https://analysesetdonnees.rte-france.com/production/nucleaire ↩︎
  2. https://recherche-expertise.asnr.fr/savoir-comprendre/surete/fonctionnement-dun-reacteur-nucleaire
    ↩︎