03/11/2020

Énergie : l’évolution des prix sur le mois écoulé

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Comment fonctionne le marché de l’énergie pour fixer ses prix ? 

 

Cette question vous a peut-être traversé l’esprit ces dernières semaines, quand vous avez découvert votre facture d’énergie. Cette question légitime est plus simple que vous ne le pensez. Mais avant d’avoir la réponse, il est nécessaire de poser les bases sur le fonctionnement de l’énergie, pour bien comprendre le processus de fixation du prix.

D’abord, il faut bien comprendre que le tarif présent sur votre facture d’énergie prend en compte plusieurs éléments : le prix de l’énergie, mais également votre niveau de consommation, le coût d’acheminement de l’énergie, et les taxes. Comme tout bien de consommation, le tarif présent sur votre facture d’énergie prend en compte le bien consommé, et les services associés. 

 

En électricité, le bien consommé, ou autrement dit la référence, est l’électron, avec comme unité de mesure le MWh, pour valoriser la consommation énergétique d’un professionnel. On peut dire que l’électron est le produit fini de l’énergie. Le prix de cet électron évolue constamment, au même titre que les actions sur les places boursières. Mais n’allons pas trop vite, nous reviendrons sur ces critères d’évolution tout à l’heure.

Le second point est la distinction à faire entre les factures relevant des tarifs réglementés, et les factures relevant des offres de marché. Il existe quelques différences entre ces deux modes de tarification, que nous traitons dans un article dédié à la fin des tarifs réglementés de vente

 

Puis, vient en troisième point l’estimation de courbe de consommation. Elle est établie avec des produits de marché en contrats à terme, notamment le BaseLoad et le PeakLoad, sur différentes périodes de l’année (call). Elle permet au client final de sécuriser ses achats énergétiques et d’établir un budget. Enfin, cette estimation offre la possibilité au fournisseur d’établir une stratégie d’achat.

On retrouve également des achats dit à court terme, où les fournisseurs doivent sans cesse compléter et ajuster leurs approvisionnements par des achats au pas horaire en spot (couvrir la dentelle). On parle d’achat d’équilibre au fil de l’eau. Les fournisseurs se doivent d’équilibrer et de couvrir rapidement et à tout prix, leurs approvisionnements, pour ne pas s’exposer à la pénalité RTE.

 

Maintenant que cette mise au point est faite, nous allons pouvoir nous concentrer sur les évolutions que le marché de l’énergie a connu ces derniers mois, en électricité et en gaz. 

 

Une tendance à court terme à la baisse pour le marché de l’électricité !

 

L’évolution du prix de l’énergie est liée à plusieurs critères. Il peut être influencé par la météo, car elle va influencer la consommation des entreprises mais aussi des niveaux de production, notamment dans les énergies renouvelables. Des décisions géopolitiques peuvent également impacter la quantité d’énergie disponible. On peut citer en exemple le lancement de recherches de nouveaux puits d’énergie, des mesures de confinement qui viennent limiter la consommation, etc. On peut aussi avoir de nouveaux moyens de production qui viennent améliorer la production d’énergie, à l’exemple des nouvelles générations d’éoliennes qui améliorent la productivité de ce type de production énergétique. 

 

Ainsi, durant ce mois d’octobre 2020, le prix de l’électron est globalement à la baisse sur les années de livraison 2021, 2022 et 2023. En effet, après avoir connu un effondrement historique des prix au mois d’avril 2020, avec des prix autour des 37,5€/MWh, les cours ont connu une hausse importante, à la sortie du confinement, pour se stabiliser autour des 47€/MWh début septembre, pour l’année de livraison 2021.

 

Cette hausse importante du prix de l’électricité en septembre a été le fruit d’une combinaison de plusieurs événements simultanés. 

 

D’abord, il y a eu une baisse de la disponibilité globale des centrales nucléaires, pour deux raisons majeures : 

  • la mise en place d’un programme de maintenance à la sortie du confinement, qui devait assurer le bon état des installations ;
  • la météo qui, durant l’été, a entraîné une baisse d’activité de plusieurs centrales nucléaires situées en bord de rivières et fleuves, pour préserver la faune et flore environnante. 

 

On peut notamment prendre en exemple la centrale de Golfesh qui a été mise à l’arrêt à la mi-août pour des problèmes de température de la Garonne. L’eau du fleuve, utilisée pour le condenseur de vapeur de la centrale, se réchauffe et peut impacter la faune et flore du fleuve, en cas de température d’eau trop importante à la sortie de la centrale. Pour y éviter tout impact de l’activité de la centrale, l’arrêté du 18 septembre 2006 impose que la température de la Garonne ne dépasse pas les 28°C. Les fortes chaleurs de l’été ont ainsi réchauffé naturellement les eaux des fleuves, ne permettant pas à la centrale de poursuivre son activité, sous peine d’entraîner une augmentation de la température au-delà des 28°C. 

 

La baisse de la disponibilité des centrales a inévitablement engendré une remise en activité des centrales à charbon pour répondre aux besoins énergétiques des entreprises. Ainsi, les centrales à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique), Gardanne (Bouches-du-Rhône), Le Havre (Seine-Maritime) et Saint-Avold (Moselle) ont produit 2% du mix énergétique national à la mi-septembre. Comme vous le savez, l’exploitation du charbon relâche du CO2 dans l’atmosphère. C’est donc une production d’énergie dépendante du cours du CO2. Or, son prix s’est envolé durant les derniers mois. En effet, au cours du mois de septembre, le prix de la tonne de CO2 émise a atteinte la barre des 30 euros, ce qui constitue un pic sur les trois derniers mois. Si on regarde le prix moyen de la tonne de CO2 émise sur la période juillet-octobre 2020, il s’élève à 26,60€/T. 

 

De plus, malgré un début d’année 2020 record en termes de production énergétique, les énergies vertes et renouvelables n’ont pas réussi à limiter la hausse des prix sur la fin de l’été. En effet, un anticyclone s’est déployé sur l’ensemble de l’Europe début septembre, ce qui a entraîné une baisse importante des vents et donc, une baisse de la production éolienne européenne. C’est le signe que le marché français est encore très dépendant de la santé de ses centrales nucléaires. 

 

 

Depuis ce pic de début septembre, les prix connaissent une tendance à la baisse sur l’ensemble des années de livraison, liée au retour progressif des disponibilités des centrales nucléaires. Une météo plus favorable au début de l’automne a permis de limiter la hausse de la consommation, notamment en chauffage, avec des températures douces pour la saison. Des vents importants ont également permis d’augmenter la production des énergies éoliennes. Une baisse du cours du CO2, à 24€/T, a également permis de réduire l’impact de l’activité des centrales à charbon, sur le prix de l’électricité. 

 

Comme nous venons de voir, la pandémie a eu un impact important sur les prix de l’électricité, que ce soit au niveau de la demande des entreprises, ou des disponibilités des centrales nucléaires. Les incertitudes et le manque de visibilité à moyen terme apportent une forte volatilité des prix sur le marché, avec des hausses et baisses importantes d’une semaine sur l’autre. L’annonce du confinement annoncé par le gouvernement jeudi dernier risque d’entraîner une baisse des prix à court terme, comme ce fut le cas pour la première vague. On note d’ores et déjà que les offres de marché pour 2021 sont passées en dessous de la barre symbolique des 42€/MWh, correspondant au prix de l’ARENH. Au 30 octobre 2020, le Cal 2021 se situait autour des 41,6€/MWh.  

 

Néanmoins, l’impact de ce confinement devrait avoir des répercussions sur le prix de l’énergie moindres par rapport à celui du début 2020. En effet, l’arrivée de la période de froid et la souplesse accrue des conditions de confinement devraient limiter la baisse de la demande énergétique de la population française et des entreprises. 

 

A plus long terme, les plans de restructuration de EDF au travers du projet Hercule risquent d’impacter les marchés de capacité, avec des augmentations possibles à prévoir sur vos factures. En effet, nous verrons dans un prochain article que ces changements vont demander beaucoup d’investissements, que ce soit au niveau de la restructuration d’EDF, mais aussi au niveau du plan grand carénage. Le financement pour allonger la durée de vie des centrales nucléaires risquent d’impacter, à la hausse, le cours de l’électricité. Ensuite, une révision du fonctionnement de l’ARENH est en cours de réflexion et devrait être mise en place avant 2025, date à laquelle l’Union Européenne souhaite que la France change ce dispositif, jugé inéquitable. Tous ces changements importants dans la structure même du marché vont accroître l’incertitude et avoir des répercussions sur les factures, que ce soit en électricité ou en gaz. 

 

Un marché du gaz en hausse

 

La période de confinement a impacté le marché de l’électricité, mais aussi celui du gaz, avec un effondrement historique du marché de gros du gaz, tombé à moins de 12€/MWh pour l’année de livraison 2021. Pour se rendre compte de cette baisse importante, il faut se reporter aux niveaux de prix avant la crise sanitaire. Habituellement, le marché de gros du gaz oscille entre 15 et 25€/MWh. 

 

Or, entre janvier et mars 2020, le marché est passé d’un prix d’échange du MWh de 16,40€ à 11,85€, soit une baisse de 27,7%. Depuis la sortie du confinement, le marché est resté très longtemps à des niveaux de prix anormalement attractifs, autour des 12-13€/MWh. Puis, au début du mois de septembre, le marché de gros du gaz a connu une augmentation significative, pour atteindre 14€/MWh. Cette augmentation est notoire sur l’année de livraison 2021, pour de multiples raisons. 

 

D’abord, la Pologne a freiné les travaux concernant le projet de gazoduc Nord Stream 2, pour avoir démarrer la construction dans le pays, sans autorisation. Pour rappel, ce projet doit doubler les capacités d’exportation du gaz russe vers l’Allemagne. Puis, il y a eu une baisse des importations du GNL américain entre fin Septembre et début Octobre. Cette baisse des importations ne s’est pas arrêté qu’au gaz américain, car il a également concerné la fourniture de gaz norvégien. 

 

En effet, durant cette période, une maintenance des gazoducs, ainsi qu’un incendie dans une raffinerie de gaz et des mouvements de grèves ont perturbé la fourniture de gaz de l’europe. Pour rappel, la norvège fournissait 39% des entrées brutes de gaz pour la France en 2018. 

 

 

La fin de l’année et l’augmentation de la consommation en énergie entraînée par la baisse des températures risquent d’engendrer une poursuite de la hausse, surtout à court terme, pour l’année de livraison 2021. 

 

Que faire pour pallier à ce manque de visibilité ? 

L’importance de bien comparer les fournisseurs d’énergie

 

Le marché de l’énergie est actuellement en plein flou, avec les incertitudes liées à la situation sanitaire, combinée aux prémices de la transformation du marché français de l’énergie, à l’image de la fin de l’éligibilité pour les professionnels des tarifs réglementés de vente d’électricité, au 1er janvier 2021. 

Ces incertitudes demandent aux consommateurs de suivre attentivement les prochaines semaines pour profiter des derniers prix liés à la crise sanitaire. Il est également important de prendre le temps de comparer les offres des fournisseurs d’énergie, pour profiter de l’offre la moins chère du marché, adaptée à votre entreprise. Certes, le marché de l’énergie est volatile et peut réserver des surprises. Néanmoins, les fournisseurs d’énergie peuvent proposer des offres très intéressantes, selon les besoins de votre entreprise. 

 

Concrètement, les fournisseurs peuvent vous proposer 3 types d’offres différentes : une offre 100% énergie verte, une offre gris-vert, constitué d’énergie verte et nucléaire, et une offre grise, autrement dit nucléaire. Bien entendu, l’offre nucléaire est la moins chère, car elle dispose d’un prix de revient compétitif et d’une disponibilité constante de jour comme de nuit. A l’inverse, les énergies vertes, encore en phase de développement, demandent plus d’investissements pour produire une quantité importante d’énergie. 

Ainsi, il est important de faire attention et de comparer la constitution des offres des fournisseurs, car cela peut vous permettre de faire des économies durables sur votre facture d’énergie. 

 

Avec l’arrivée de ce deuxième confinement, c’est le moment pour vous de saisir les opportunités offertes par la baisse des cours de l’énergie, pour sécuriser votre budget sur le long terme. Nos conseillers sont à votre disposition pour vous aider à choisir le fournisseur le plus adapté à vos besoins, à un prix le plus attractif possible ! 

 

 

 

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Steven Perros

Chargé de marketing chez Optima Energie, j'ai pour mission de vous simplifier la compréhension du monde de l'énergie !

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